Un salon qui prend de l'ampleur
C'est du 23 au 27 août dernier que se tenait à Leipzig (Allemagne) la cinquième édition de la Games Convention, un salon dédié au jeu vidéo ouvert au public. Une édition 2006 particulière à plus d'un titre, notamment en raison de la conjoncture vidéoludique. En effet, nous avions d'un côté un salon de l'E3 dont les organisateurs venaient d'expliquer (début août) qu'une nouvelle formule – plus sobre et moins coûteuse – serait mise en place à partir de 2007. Ce qui laisse évidemment le champ libre au développement de multiples rendez-vous spécialisés, au premier rang desquels figure indubitablement celui de Leipzig. Ce salon n'a eu de cesse de se développer au fil des ans, pour devenir, depuis cette année, un passage obligé sur la scène occidentale avant d'aborder la rentrée. Si l'on précise que la GC reste – malgré son importance – un salon tourné vers la scène occidentale, c'est bien entendu parce que le marché asiatique fonctionne selon d'autres codes, d'autres rendez-vous, et profite de l'été pour attendre la tenue du TGS de Tokyo fin septembre. Malgré ce décalage, la Games Convention (GC) a su attirer un public – professionnel et amateur – toujours plus nombreux, et l'édition 2006 marquera sans nul doute un tournant dans l'histoire du salon.
Un tournant qui n'est pas dû qu'au retrait de l'E3. Car évidemment, cette édition 2006 de la GC aura été fortement marquée par le renouvellement générationnel des supports de jeu, consoles et PC. Bien entendu, chacun pense aux arrivées (probablement simultanées) de la PS3 et de la Wii, ces deux consoles devant arriver en rayon d'ici la fin de l'année. Et bien entendu, le salon a clairement tourné autour de ces deux machines, qui pourtant ne s'affichaient pas beaucoup dans les allées bondées de cette GC 2006 : la Wii n'était visible qu'à travers quelques démos pour des visiteurs triés sur le volet (en théorie du moins), tandis que Sony avait fait le choix du minimum, en se contentant de vidéos tournant à longueur de journée, et satisfaisant malgré tout la curiosité des milliers de visiteurs. Du coup, devant un tel retrait, c'est finalement le PC qui a su tirer son épingle du jeu. Une bonne nouvelle pour les amateurs de jeux sur PC, sans doutes frustrés par un E3 durant lequel l'attention avait justement été monopolisé par...la Wii et la PS3. Juste retour des choses (avant un TGS probablement centré sur les consoles), les développeurs PC ont donc su approfondir quelques gros titres à venir et susciter l'intérêt des observateurs. Supreme Commander, STALKER, Crysis et j'en passe, autant de titres sur lequel nous sommes revenus durant cette GC 2006 et qui témoignent de la vitalité du PC malgré – grâce ? - à l'arrivée des nouvelles consoles. Comme si finalement, un équilibre se trouvait grâce au renouvellement des technologie et à l'explosion du online.

Des visiteurs, des babes et du travail : les ingrédients d'une bonne GC 2006...
C'est un peu tout ceci qui transparaît dans les pages qui suivent, d'autant que ce salon aura été l'occasion de soulever d'intéressantes problématiques. Notamment sur la place et l'organisation des salons eux-mêmes. En effet, malgré son versant public, la GC 2006 a plutôt bien su concilier les deux aspects d'un tel rendez-vous : toucher directement le grand public et permettre aux éditeurs de dévoiler leur production à un public averti (revendeurs, journalistes, etc.). Les organisateurs de l'évènement, peut-être un peu dépassés par son succès en fin de salon, ont permis de véritables rencontres, facilitées par le grand nombre de développeurs ayant fait le déplacement pour expliquer leurs jeux. Les infrastructures (salle de presse, réseaux online, business center, etc.) se sont montrées à la hauteur, créant véritablement un salon à deux niveaux : l'un pour le public dans les 4 halls, l'autre pour les professionnels dans le bâtiment prévu à cet effet. Une combinaison assez efficace, et qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'E3, la débauche de moyens en moins. Encore que dans certains halls, les stands des gros éditeurs (pourtant si prompts à fustiger les coûts de l'E3) n'avaient parfois rien à envier aux dernières éditions du grand show de Los Angeles. On se demande donc dans quelle direction ira la Games Convention à l'avenir : grand show européen du jeu vidéo ou mélange subtile (mais difficile) entre travail et spectacle ? Il faudra attendre de voir ce que les éditeurs font de ce rendez-vous, qui sera l'année prochaine coincé entre l'E3 nouvelle formule (en juillet) et le TGS de septembre. Pas évident à gérer, même si l'édition 2006 – aidée par la conjoncture – a montré qu'il y avait de la place pour un grand rendez-vous européen du jeu vidéo...

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