Infogrames : maux et remèdes

Publié le 08 septembre 2006, , par Mathieu Chartier - mis à jour le 05 juillet 2009 à: 20h - dans Business

C'est dans la dernière édition du JDLI (magazine sur les loisirs interactifs à cible professionnelle) que Bruno Bonnell a décidé de revenir

C'est dans la dernière édition du JDLI (magazine sur les loisirs interactifs à cible professionnelle) que Bruno Bonnell a décidé de revenir sur la situation d'Infogrames, l'entreprise qu'il a co-fondé en 1983, rapidement devenue mastodonte du secteur avant de connaître l'an passé de grosses difficultés financières cruellement répercutées sur le cours de son action qui a désormais perdu plus des trois quarts de sa valeur.

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Bruno Bonnell, une figure emblématique du jeu vidéo français
loin d'être résignée...


Une situation difficile pour Infogrames (maison mère d'Atari) que Bruno Bonnell explique par de mauvais choix pendant une année de transition qui aura décidément fait mal à l'industrie. "Les ventes de jeux next-gen ne compensent pas la chute des ventes sur les current-gen, PS2 en tête. [...] Les performances de Nintendo avec la DS faussent le marché", voilà les explications avancées par Bruno Bonnell dont l'entreprise n'a sans doute pas su jouer juste à un moment crucial pour l'industrie. Pourtant Bruno Bonnell tient à rappeler que "l'ensemble de la filiale européenne est profitable, la France en tête" mais c'est la filiale américaine qui a subi de plein fouet la récession de 2005, plus que d'autres éditeurs qui ont su réagir plus vite. Pour retrouver sa rentabilité, Atari a donc "agi sur tous tous les paramètres contrôlés pour redresser la situation", ce qui est passé par "une restructuration importante des effectifs ainsi que des opérations sur le territoire américain".

Mais plus que de passé, c'est sa vision d'avenir que Bruno Bonnell met en avant dans ces lignes. Un avenir guidé par deux notions essentielles, l'une financière : la rentabilité, et l'autre conceptuelle : la créativité. Concernant la stratégie de rentabilité mise en place par Infogrames, il s'agit "d'un désengagement progressif du développement interne pour privilégier les relations avec les studios externes" ce qui passe d'abord par "des cessions de licences et de studios" puis par "un recentrage sur un nombre réduit de produits et une concentration des efforts sur des licences phares, tout en continuant à investir sur des franchises innovantes". Une stratégie qui, vue d'ici, semble à même de remettre Infogrames sur les rails même s'il faut faire vite car le groupe est sous la pression des financiers pour le remboursement de sa dette, ainsi que sous la pression de la bourse américaine qui voudrait faire sortir l'action Atari du NASDAQ. Pourtant, Bruno Bonnell ne manque ni d'envie, ni d'idées et analyse avec justesse la physionomie actuelle du marché : "Il faut arrêter de faire des jeux vidéo comme on les fait depuis toujours. Non seulement cela suppose des engagements financiers de plus en plus délirants, mais surtout cela laisse la créativité de côté". De même, le fait d'attendre avant d'engager des coûts de développement pour des jeux sur les nouvelles consoles semble bien plus sage connaissant la position d'Infogrames, et Bruno Bonnell confirme que "la rentabilité n'est pas au rendez-vous sur les nouvelles consoles qui ne bénéficient pas d'un parc installé suffisant". Enfin, et puisque c'est désormais un terme récurrent pour l'industrie, Bruno Bonnell analyse très succinctement le casual-gaming comme un phénomène vertueux qui "participe à la remise à plat du marché des jeux vidéo". Une remise à plat dont Infogrames bénéficiera pour remonter la pente ? L'avenir nous le dira...

Dernières réactions

shenron666 - le 08/09/06 à 09:50
"Les performances de Nintendo avec la DS faussent le marché" c'est un comique ce gars, il a raté sa vocation
Bartdude - le 08/09/06 à 09:55
""Il faut arrêter de faire des jeux vidéo comme on les fait depuis toujours." Il faut surtout arrêter de faire des jeux de merde...
shenron666 - le 08/09/06 à 09:56
"Il faut arrêter de faire des jeux vidéo comme on les fait depuis toujours. [...] cela laisse la créativité de côté" je ne vois pas non plus le rapport entre la créativité ou plutot l'absence de créativité et le fait de faire des jeux comme avant où la créativité était justement bien plus présente des jeux innovants et intéressants comme lemmings, push over, another world ect c'est devenu tellement rare de nos jours ils ont qu'à arrêter de nous pondre des "machin 17" ou "bidule 34, le retour du mec qui était parti à l'épisode 12", yen a marre des suites de suite qui font suite à la suite du énième volet ...
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