Test : Command & Conquer 3

Publié le 16 avril 2007, , par Mathieu Chartier - mis à jour le 05 juillet 2009 à: 20h - dans PC, Tests

Une certaine modernisation...

Command & Conquer, c’est un peu l’autre vision du jeu de stratégie. Alors que les premiers jeux du genre à percer aux yeux du grand public s’appelaient Age of Empires ou Warcraft, le jeu de Electronic Arts développé par Westwood Studios insistait sur un imaginaire cybernétique aux faux penchants de série Z avec de sérieuses tendances à l’efficacité et au spectacle. Pas étonnant dans de telles circonstances que cette fiction futuriste convertisse rapidement des hordes de fans vouant un culte sans mesure au jeu. Force de Command & Conquer, une trame travaillée et renforcée par une réalisation léchée opposant la résistance de la confrérie du NOD (sorte de groupuscule terroriste) à la volonté de contrôle de cet environnement géopolitique futuriste par le GDI (alliance démocrate) avec, au cœur du conflit, une ressource unique, vitale : le Tiberium. Après quelques infidélités à cet esprit typique pour des épisodes décriés comme Alerte Rouge ou Generals, ce troisième épisode résonne comme un véritable retour aux sources. Une ode à l’esprit Command & Conquer. Un hommage aux fans. Une remise aux codes du jour plus que réussie...

Nous l’avons dit. Command & Conquer a toujours développé de sérieux penchants pour l’efficace et le spectaculaire. Des notions qui atteignent ici leur paroxysme. Traité comme un véritable blockbuster par Electronic Arts, ce Command & Conquer 3 est le fruit d’une campagne quasi parfaite chez le géant américain. Une annonce en grande pompe, une pression médiatique conservée semaine après semaine, des révélations croustillantes à mesure que les premiers détails concrets arrivaient puis un dernier rush inimitable avec diffusion de séquences du jeu, divulgation des infos concernant la nouvelle faction – le Scrin – et décharge de premiers échos positifs. Mais voilà, pour que la sauce prenne vraiment, il ne fallait pas décevoir. Et fait rare, Command & Conquer 3 ne faillit pas, contente et plaît. Comment ? Tout simplement en réutilisant une recette parfaitement maîtrisée, remise au goût du jour et amplifiée avec les bons ingrédients pour que les saveurs de ce nouvel opus se révèlent suffisamment prononcées, à la fois piquantes et raffinées.

Command & Conquer 3 - 16/04/2007 Command & Conquer 3 - 16/04/2007


Du talent pour se moderniser à l’extrême, usant de toutes les ficelles du jeu vidéo spectacle, tout en offrant un trip revival de qualité grâce à des bases aussi solides que classiques...

Des superlatifs pour une superproduction, qui l’eut cru ? Et pourtant, C&C 3 les mérite bien. Lui et son talent pour se moderniser à l’extrême, usant de toutes les ficelles du jeu vidéo spectacle, tout en sachant tout de même offrir un trip revival de qualité grâce à des bases aussi solides que classiques. "Le cul entre deux chaises ?", bien sûr que non ! C&C 3 use d’une technique à laquelle il serait difficile de faire le moindre reproche (c’est magnifique, ça ne rame pas d’un poil, ce n’est pas très gourmand) et d’une réalisation encore plus impressionnante. On avait pourtant bien entendu parler du casting entre vieilles gloires et jeunes pousses (mirobolant !), du budget (indécent !) et de cette envie de donner une nouvelle dimension au film interactif (présomptueux !). Et c’est au final bien le terme qu’il convient d’employer. 90 minutes de séquences filmées parfaitement intégrées au jeu avec de très longues séquences par moment puis, comme dans un coup de feu (les temps de chargement étant extrêmement courts), voilà le joueur plongé dans une phase de gameplay. Difficile de faire mieux en matière d’immersion appliquée à la stratégie. Si les nouveaux explorateurs seront toutefois circonspects devant le ton des vidéos sommes toutes très kitsch (décors en carton pâte, effets de série Z, jeu d’acteurs volontairement maladroit), les amateurs ne devraient eux pas se lasser d’une telle envie d’user des codes de la série, de tous ses codes. Voilà qui - avec le moteur du jeu et ses petits effets qui font la différence (Miam, les déformations dues à la chaleur !) - assure le grand spectacle en plein cœur des guerres du Tiberium.

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