L'automne 2006 a indéniablement été marqué par de houleux débats autour de la violence supposée de certains jeux vidéo. Les
L'automne 2006 a indéniablement été marqué par de houleux débats autour de la violence supposée de certains jeux vidéo. Les titres Rule of Rose et Canis Canem Edit avaient fait office de bouc-émissaires et avaient très nettement focalisé le débat autour de certains aspects développés dans leurs aventures respectives (des scènes malsaines pour le premier, un contexte de violence scolaire pour le second), mais une autre thématique avait fini de s'imposer dans le coeur et l'esprit des détracteurs du jeu vidéo : le MMO. Le jeu massivement multijoueur... un nouveau cheval de bataille pour certains médias dès qu'il s'agit de dénoncer les travers supposés du jeu vidéo, notamment dans le registre de la dépendance. Un genre aujourd'hui surexposé, grâce évidemment au succès tout simplement démentiel de World of Warcraft, qui a contribué à mettre en lumière des comportements jugés comme déviants par le plus grand nombre... même s'il ne s'agit pas ici de nier le fait que certains joueurs soient effectivement dans une relation claire et dangereuse de dépendance vis-à-vis de leur jeu, dans WoW comme ailleurs.
Cette petite fille est dubitative : doit-elle choisir un serveur PvP ou PvE pour son
Elfe de Sang démoniste ? Bonne question...
Bref, le MMO s'est imposé comme LE sujet vidéoludique qui fait débat, si bien que l'ISFE (fédération des acteurs de l’industrie vidéoludique européenne, qui gère notamment le système de contrôle PEGI) est rentré dans la danse en travaillant sur la mise en place du PEGI Online, censé remédier à un problème simple mais qui se pose clairement en matière de MMO : l'évolutivité du produit. "Si les cas sont rares, bien que surmédiatisés, le risque essentiel est la confrontations de mineurs avec des majeurs, qui peuvent tenir des propos racistes, sexistes, homophobes, anti-religieux. Le système PEGI classe ces jeux au moment de leur sortie, en avertissant que le contenu du jeu n’est pas fixe, mais évoluant au cours du jeu, [et n'est] pour l’instant pas capable de fournir une signalétique décrivant le contenu du jeu, étant par nature évolutif, car déterminé par les joueurs en présence. Le système PEGI Online tente de pallier cette carence en complétant la classification du 'moteur' du jeu par une labellisation des sites où il peut être joué", voilà ce que l'on nous expliquait l'automne dernier, en assurant que le PEGI Online verrait le jour "d'ici septembre 2007". Un défi loin d'être mince, comme on peut le deviner...
PEGI Online vise [...] à aider les parents à mieux comprendre les risques et les effets nocifs potentiels de cet environnement...
Un défi loin d'être mince mais qui se concrétise effectivement aujourd'hui, avec l'annonce de la mise en place officielle du système PEGI Online, dont on peut trouver l'explication sur le site ouvert pour l'occasion. Bien entendu, la principale limite du système repose encore une fois sur son absence de contrainte et le fait qu'il suppose la bonne volonté des éditeurs participant à sa mise en place. Il n'empêche que l'initiative reste louable, et tourne autour de quatre axes majeurs : le PEGI Online Safety Code (un contrat-cadre signé par tous les participants), le logo PEGI Online qui sera affiché par les détenteurs d’une licence, un site web spécialement destiné aux demandeurs et au grand public, un processus indépendant de gestion, de conseil et de règlement des litiges. Pour une philosophie évidente : "PEGI Online vient compléter le système PEGI. Il vise à améliorer en Europe la protection des mineurs contre les jeux au contenu inapproprié et à aider les parents à mieux comprendre les risques et les effets nocifs potentiels de cet environnement. [...] La licence d’utilisation du logo PEGI Online est octroyée par l’administrateur PEGI Online à tout fournisseur de jeux en ligne qui satisfait aux exigences stipulées par le PEGI Online Safety Code (POSC)".
C'est donc bien autour du PEGI Online Safety Code que tourne le système qui vient d'être lancé. Une sorte de 'code de bonne conduite' que les éditeurs s'engagent à respecter s'ils souhaitent bénéficier du label PEGI Online. Mais que contient ce fameux code de bonne conduite ? Divers éléments concrets et d'autres plus abstraits, résumés par les responsables du PEGI Online : "Le PEGI Online Safety Code (POSC) a été développé pour assurer un niveau de protection minimum des mineurs dans un environnement de jeu en ligne. Tous ceux qui souscrivent à cette série de règles s’engagent à proscrire tout contenu inapproprié de leur site et à veiller à un comportement approprié des utilisateurs. Une fois que leurs jeux sont agréés dans le cadre du système PEGI, ils sont autorisés à afficher le logo PEGI Online". Quelques exemples de mesures nécessaires : "Les détenteurs d’une licence déploieront tous leurs efforts afin de s’assurer que les services en ligne sous leur contrôle ne contiennent aucun élément illicite, choquant, raciste, dégradant, dépravant, menaçant, obscène ou susceptible de compromettre durablement le développement des mineurs. [...] Des procédures appropriées permettront aux joueurs de communiquer l’existence de tout contenu inapproprié sur des sites web. [...] Tout détenteur d’une licence PEGI Online collectant des données personnelles d’abonnés appliquera des principes efficaces et cohérents de confidentialité conformément aux législations européennes et nationales sur la protection des données". Voilà en substance le genre de mesures qui doivent être assurées par les éditeurs dans le cadre du PEGI Online, en attendant évidemment de voir de quelle manière réagissent les principaux concernés : les fournisseurs de contenu...
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