Beaucoup de coups donnés...
Après avoir été remis au goût du jour grâce à un Titan Quest de haute volée, permettant aux fans de Diablo II de passer à autre chose après avoir repris une pincée de Sacred et de Dungeon Siege, le Hack’n Slash revient définitivement à la mode dans la sphère des jeux PC. Les productions prenant pour modèle l’inégalable hit de Blizzard se multiplient donc à vive allure, chacun s’y aventurant avec ses moyens. Et du côté français, ce sont d’abord les studios Monte Cristo qui s’y sont essayés tant bien que mal avec un Silverfall ambitieux, mais plan-plan et mal fini, avant de laisser place actuellement à Cyanide, surtout connu des fous de la pédale (Cycling Manager) voire des fanas d’équitation (Horse Manager). Heureusement, dans le catalogue des parisiens se cache le rassurant Chaos League : Mort Subite, subtil mélange de Foot US et de jeu de rôles. Un titre bourrin et mature qui fit se dire à pas mal de monde que tout n’était pas perdu en ce qui concerne Loki.
Point de vue crédité par une présentation satisfaisante du titre à la presse il y a quelques semaines, à la suite de laquelle nous écrivions dans nos colonnes : « Loki se présente plutôt bien, sans toutefois prétendre au titre de jeu de l’année. Mais les bases sont bonnes (Diablo-like) et l’intégration des différentes mythologies devrait donner un cachet certain à l’aventure, à l’instar de Titan Quest. Il faudra pour cela que cette dernière bénéficie d’un rythme enlevé et de défis corsés, ce que l’on ne peut évaluer pour l’instant. Une bonne petite aventure en perspective donc, ce qui serait déjà pas mal... », tandis que nous décelions déjà que Cyanide misait gros sur l’arsenal de possibilités offertes par la customisation du personnage, remis au centre des préoccupations du joueur avec pléthore d’items à essayer et à faire évoluer, pour que le culte du personnage soit une variable fondamentale de Loki. Mais comme nous le soulevions alors : encore faut-il que le JEU en vaille la chandelle. Ce qui n’est finalement pas acquis.
Car avant d’espérer voler au roi sa couronne et faire descendre Diablo II de son piédestal, il faut d’abord cravacher dur pour tenter de dérober le titre de bon petit Hack’n Slash du printemps. Une dénomination qui colle malheureusement assez mal à Loki qui, il faut le dire, n’arrive jamais à faire la démonstration d’une maîtrise suffisante pour emmener le joueur dans les hautes sphères de l’éclate videoludique. En effet, même si Loki se vante de se reposer sur une campagne extrêmement longue et complète, qu’il a pour lui une vocation flagrante à faire du pied aux « hardcore gamers » et qu’il met en scène – parfois – un bestiaire impressionnant, nombreux sont les défauts de Loki à venir gâcher la fête. A commencer par un parti pris visuel étonnant qui risque au premier abord d'en dérouter plus d'un.
Loki [...] n’arrive jamais à faire la démonstration d’une maîtrise suffisante pour emmener le joueur dans les hautes sphères de l’éclate videoludique...
En débutant l’aventure, on se rend vite compte de l’ampleur de la tâche qui attend le joueur. Quatre guerriers, quatre destinées croisées et autant d’aventures à vivre. A priori, voilà plutôt une bonne idée. Malheureusement, on se rendra vite compte qu’il n’y a rien de très convaincant dans la trame qui ne fait que reprendre à son compte les vieilles routines de la mythologie. Cela aurait pu être tentant si tant est que l’on ne nous ait pas déjà servi la sauce avec Titan Quest, mais le jeu de Cyanide maîtrise mal sa narration et, surtout, n’arrive pas vraiment à imposer son rythme si bien qu’en dépit du côté bourrin de l’action, la progression est molle malgré la difficulté toute relative de l’ensemble. Un comble pour un Hack’n Slash qui se veut frénétique. Progression qui s’échelonne jusqu’au niveau 200, en plusieurs paliers de difficulté, mais qui oblige le joueur à vivre bien des passages ennuyeux dans lesquels la main gauche se sentant inutile viendra rejoindre la pointe du menton pendant que la main droite cliquera aussi vite que possible sur les ennemis à abattre, sans grande conviction. Aussi, les interconnexions existant entre les aventures de nos différents guerriers (un mastodonte nordique, une chasseresse grecque, un sorcier égyptien ou une transformiste aztèque) sont bien présentes, et intégrées avec la volonté de servir l’aventure en permettant de découvrir des items qui seront par la suite réutilisables avec les autres personnages. Là encore, derrière une bonne idée se cache une très mauvaise gestion des objets, la faute à une interface brouillonne qui joue les semeuses de troubles.

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