Quand réalisation et bases solides...
Sensation mécanique de 1998, la série Colin McRae s’est rapidement installée de façon solide sur le marché du jeu de rallye. Ni trop laxiste, ni trop intégriste, c’est un pilotage à mi-chemin entre arcade et simulation qui a servi de base à la création des cinq épisodes qui ont précédés l’arrivée de ce Colin McRae : Dirt. Série que l’on n’avait plus eu l’occasion de prendre en main depuis trois longues années, le temps pour Codemasters de mettre au point les idées du renouvellement tout en assurant le délicat passage vers la nouvelle génération. Et si Colin McRae : Dirt propose bien son lot de nouveautés, ce sont les fondamentaux de la série que l’on retrouve appliqués à un jeu qui jouit d’une technique absolument somptueuse… ce qui est toujours flatteur. Mais on ne sait jamais sur quel couac nous allons tomber en mettant les mains dans le cambouis, et Dirt possède aussi son petit lot d’engrenages rouillés !
Onze niveaux qui composent une grande pyramide d’épreuves et trois principaux modes de jeu, voilà la tâche qui attend l’amateur de simulation automobile oubliant l’accroche de l’asphalte et lui préférant l’indomptable sentier battu et ses imperfections. L’assurance pour Codemasters de proposer un défi aussi conséquent que varié, car il faut bien avouer qu’il est assez agréable qu’un jeu de rallye réussisse à diversifier à ce point ses épreuves malgré une progression des plus classiques reposant sur l’accumulation de points débloquant petit à petit les étapes suivantes. Un concept qui permettra à chaque joueur d’avancer à son rythme sans forcément bloquer sur un type de course inhabituel, comme les épreuves Off-Road qui demandent un peu plus de pratique pour s’en sortir que les pures spéciales de rallye auxquelles l’on s’accorde bien plus vite. Idem en ce qui concerne l’évolution de son garage qui, ne proposant quatre voitures au départ, s’étend au fur et à mesure aux 46 véhicules jouables répartis dans une dizaine de catégories allant du rallye (classique ou 4x4) aux buggys des épreuves CORR (Championship Off-Road Racing) en passant par les gros monstres de la catégorie trucks. On touche donc là à l’ouverture dont nous parlions un peu plus haut, mais c’est au final avec les modèles mythiques du monde du rallye que l’on prendra le plus de plaisir. Subaru Impreza, Mitsubishi Evo ou Lancia Stratos pour les pilotes à rouflaquettes… une belle brochette complétée par quelques concluants prototypes peu habitués aux pistes poussiéreuses comme l’Audi TT ou une Lotus Exige équipée pour le tout-terrain. Bref, la diversité voulue et assumée par les équipes de Codemasters se ressent à tous les niveaux. Et si les sensations de pilotage ne sont pas toujours de qualité égale au fil des différentes épreuves, le principal est sauvé car le rallye classique est incontestablement la partie du jeu la plus réussie. Le mérite étant donc d’assurer une durée de vie copieuse au mode carrière sans tomber dans la monotonie ! En outre, il est évidemment possible de s’exercer au contre la montre ou de participer à un championnat unique.
Subaru Impreza, Mitsubishi Evo ou Lancia Stratos pour les pilotes à rouflaquettes… une belle brochette complétée par quelques concluants prototypes peu habitués aux pistes poussiéreuses comme l’Audi TT ou une Lotus Exige équipée pour le tout-terrain...
Angleterre, Italie, Allemagne, Japon, Australie et Espagne, voilà les six rallyes dans lesquels il faudra faire ses preuves en tant que pilote émérite. Vous l’aurez constaté par vous-même, les rallyes de Suède, de Chypre ou de France pointent chez les grands absents de Colin McRae : Dirt aux côtés de l’absence totale d’effets météorologiques. Bien qu’en soit, ce ne soit pas suffisant pour décourager les amateurs de rallyes équipés en machines de nouvelle génération, il s’agit tout de même là du genre de détails que l’on aurait bien aimé voir apparaître grâce à la puissance de calcul des nouvelles plateformes de jeu. Mais au final, on pardonnera bien vite cette offense de Dirt, qui se rattrape largement en offrant un rendu visuel assez bluffant. Les modèles des véhicules fourmillent de détails, la gestion physique des divers éléments du jeu se fait dans un rare élan de réalisme, les effets bien connus des développeurs équipés en kits next-gen sont présents (sans se faire trop présents) et l’animation ne souffre d’aucun souci sur X360. La palette de couleurs, très vive, rajoute à l’ensemble et les environnements paraissent plus vrais que nature même si l’on aurait apprécié un peu plus de relief sur la piste en elle-même. Sur PC, la donne est un peu différente dans la mesure où le Neon (le tout nouveau moteur next-gen de Codemasters) est particulièrement gourmand en ressources système. Même très bien équipé, il faudra donc obligatoirement concevoir quelques sacrifices, et se limiter à des résolutions plus basses qu’à l’accoutumée (le 1024x768 étant le bon compromis en ce qui nous concerne) sans vouloir pousser trop loin détails et qualité. Au final, l’expérience en ressort indéniablement moins explosive pour les rétines que sur la console de Microsoft. Surtout que si l’on surestime sa machine, ce sont les sensations de pilotage qui sont directement altérées faute de fluidité. En compensation, on évite la lenteur des temps de chargement de la version X360 (près d’une minute à chaque épreuve). Ce qui n’empêche pas le premier piston de se gripper !

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