Et un gameplay, aussi
Car au-delà de l’ambiance rétro développée par le jeu, c’est évidemment son aspect dérangeant et malsain qui prend rapidement le dessus. Là encore, le fond n’est manifestement jamais très loin dans la démarche des développeurs : si le paradis artificiel de Rapture se transforme en enfer, est-ce parce que l’homme est mauvais ou parce qu’il est corrompu par la société qu’il met en place ? Une question philosophique qui renvoie encore à quelques auteurs d’un autre temps (Rousseau, Hegel, etc.) et à laquelle on espère que les développeurs apporteront une réponse en poussant plus loin l’aventure. Pour ce que l’on a pu en voir, le mythe du paradis perdu se trouve donc confronté à une ambiance nettement plus glauque et malsaine. Pourquoi le rapprochement avec Silent Hill, notamment ? Tout simplement parce que les premiers ennemis, des femmes au corps en lambeau, ne sont pas sans rappeler les infirmières du second volet. Et lorsque l’on croise les petites filles zombifiées et protégées par les immenses Big Daddy (monstres en scaphandre) vus dans de nombreuses vidéos, c’est évidemment au premier Silent Hill que l’on pense, dans l’école qui sert de première zone d’affrontement du jeu. Sauf que dans BioShock, les enfants que l’on croise régulièrement ne sont pas simplement là pour être tués, même si c’est une éventualité. Là encore, le fond rejoint la forme, et le mystère qui entoure ces fameux enfants devra être levé, et n’a pas intérêt à décevoir les joueurs avides que nous sommes. Tout ceci pour dire que BioShock, c’est - pour beaucoup - une histoire d’atmosphère, sur laquelle nous aurons tout le temps de revenir une fois toutes les cartes de l’histoire en main. Une atmosphère donc, mais pas que. Et toute la promesse de BioShock est là…
Car rapidement dans BioShock le leitmotiv est clair : l’imagination au pouvoir !
Liberté de manœuvre donc, qui se ressent aussi dans la gestion des armes classiques (nombreuses sont les armes à bénéficier de quelques variantes), ainsi surtout que dans l’élaboration des niveaux. Evidemment nous n’avons pu en voir que deux, mais ces derniers étaient déjà assez bien agencés, et nous ont largement permis de nous perdre dans certains couloirs obscurs. Petit bémol cependant : les décors - si jolis - manquent peut-être un peu de variété lorsque l’on passe de pièce en pièce, et le tout premier niveau demande tout de même de nombreux allers-retours (un peu fastidieux) avant d’être achevé. Une remarque faite au producteur du jeu présent sur place, et qui nous a assuré que les zones suivantes étaient encore plus vastes, et moins dirigistes, une fois que l’on maîtrise les principes du jeu. Voilà qui s’avère plutôt rassurant, d’autant que l’on n’avait en l’occurrence vraiment pas l’impression d’être dirigés durant cette progression ! Terminons ce petit papier de présentation par un dernier aspect entrevue durant la présentation : la maniabilité au pad X360. Là encore, les choses semblent parfaitement se dérouler, avec une visée extrêmement permissive tout en n’excluant pas une certaine précision. La visée ne devrait donc pas poser de problème, d’autant que par définition les ennemis rencontrés ne se déplacent pas extrêmement vite, ce qui évite de poser le problème de précision de certains FPS plus classiques. Même les robots téléguidés sont faciles à faire tomber malgré leur petitesse et leur déplacement saccadé (à moins que l’on préfère les retourner contre l’ennemi), c’est dire ! Bref, difficile de trouver un réel défaut en l’état à BioShock du point de vue du gameplay, dont la variété et les possibilités devraient faire date en 2007. En espérant qu’il en soit de même pour le jeu...
Comme prévu, BioShock promet d’être LE gros jeu de la rentrée, d’autant qu’il devrait sortir avant la concurrence. Evidemment notre entrevue avec le jeu (en version X360) ne s’est faite que par le biais d’une présentation partielle (deux niveaux), et il faut donc y apporter toutes les réserves d’usage : durée de vie, agencement des zones, répétitivité de l’action… autant de notions sur lesquelles nous n’aurons un avis qu’avec la version définitive du jeu. Mais ce que nous en avons vu promet une ambiance sublimement sombre, mariée à des possibilités de gameplay tout simplement brillantes. Il ne reste plus qu’à confirmer...

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