Construire son aggro...
Après la démocratisation des affrontements multijoueurs en ligne que tout bon jeu vidéo se doit de pouvoir offrir aujourd’hui, l’heure est à l’essor de la coopération. La co-op à distance, redécouverte par beaucoup au moment de la sortie de Gears of War qui fut l’un des tous premiers jeux à offrir le luxe de pouvoir, à la volée, rejoindre ses amis pour avancer ensemble dans la campagne solo. Un mode de jeu toujours plus plébiscité à l’heure actuelle, ce que les studios EA Montréal avaient anticipé en présentant, lors de l’E3 2006, cet Army of Two dont le concept repose quasi entièrement sur l’entraide et le soutien que se portent mutuellement ses deux héros, Rios et Salem. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et les concurrents potentiels ont été nombreux à pointer le bout de leur nez. Il est donc temps de savoir si le concept de Army of Two leur a survécu !
Le concept de coopération est en effet au cœur de tout le système de jeu qui régit Army of Two et les premières minutes de jeu – permettant de se faire la main lors du didacticiel – sont plutôt rassurantes, voire même grisantes. On y découvre les principes qu’il faudra scrupuleusement respecter une fois sur le champ de bataille et les différentes stratégies que nos deux mercenaires désintéressés de la politique et uniquement motivés par l’appât du gain pourront mettre en place dans le feu de l’action. Si lors des premières présentations, qualifier Army of Two de clone de Gears of War était effectivement la bonne formule afin de lui coller rapidement une étiquette révélatrice de son genre, le joueur d’Army of Two se rendra vite compte que le titre qu’il a en main est bien plus subtil que cela d’un point de vue tactique. Les possibilités sont nombreuses et la célèbre mise à couvert, vitale, n’est pas la seule option stratégique disponible. Et si nos deux guerriers peuvent se congratuler d’un cri ridicule, voire d’une poignée de main virile, ils seront amenés à faire bien d’autres choses ensemble. Car seul, en fonçant dans le tas, il est bien difficile d’avancer dans Army of Two. Alors, il faut apprendre à se servir des ordres, peu nombreux mais diablement efficaces, qu’il est possible de donner à son coéquipier. Et surtout – surtout ! – apprendre à correctement se servir de la jauge d’agressivité (aggro) qui permet de savoir sur qui les ennemis concentrent leur puissance d’attaque. Une jauge d’aggro déterminée par la position de nos deux acolytes sur le champ de bataille, mais aussi par leur rage au combat et la puissance de l’arme qu’ils utilisent. Balancez une grenade dans le tas, et voilà que vous récupérez l’aggro qu’il faudra savoir entretenir avec de bonnes grosses salves de calibre 12mm.
Il faut apprendre à correctement se servir de la jauge d’agressivité (aggro) qui permet de savoir sur qui les ennemis concentrent leur puissance d’attaque...Pourquoi ? Parce que tout le système de combat dépend de cette jauge et si Rios se charge d’occuper les adversaires, Salem aura tout loisir de les contourner pour leur faire la peau. Rudimentaire et répétitif ? Pas tant que cela, car les actions contextuelles qui nécessitent la présence des deux mercenaires au même endroit sont nombreuses, et que les situations qui feront appel aux spécificités de chacun sont bien utilisées par le jeu. Résultat des courses, la progression se fait de façon très intense et l’on sent bien que si plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour atteindre un objectif, il y en a forcément une qui fonctionne bien mieux que d’autres. Il faudra donc savoir jongler entre les armes, les ordres, et les tactiques (avec de nombreuses combinaisons de touches à retenir) pour tirer le meilleur de ce duo.

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