Un gameplay bien répétitif
Ubisoft maîtrise ses séries Tom Clancy, lesquelles fêtent cette année leurs dix ans d’existence. Un gage de qualité, pour sûr, même si les choses ont bien changé depuis les premiers pas de chacune de ces licences, à l’image de la série Rainbow Six (R6) qui a su faire évoluer sa formule pour se conformer aux attentes d’un public amateur d’action/tactique, mais pas des prises de têtes qui accompagnaient autrefois le genre. Les puristes regrettent sans doute, mais même en tant qu’ex-fanatiques de R6 : Rogue Spear (1999), il faut avouer que R6 : Vegas avait su nous surprendre grâce à son sens du spectacle, son penchant assumé pour l’action et sa facilité d’accès. Vegas relançait ainsi la série sur de nouvelles bases après de longues années de disette durant lesquelles R6 n’était plus qu’un FPS comme les autres, tentant de camoufler son manque d’ambition tactique derrière la pauvreté de sa gestion de groupe. Comme nous pouvions nous y attendre, R6 : Vegas 2 ne bouleverse rien, et se contente de reconduire les éléments de son prédécesseur qui avaient fait mouche sous couvert d’une nouvelle trame et de quelques évolutions mineures. Au final, les lacunes du titre qui l’empêchent de jouer les premiers rôles restent les mêmes.
« La série Rainbow Six assume cette fois son virage vers l'action, avec cet épisode Vegas. Cette orientation s'accompagne d'une réalisation parfaitement à la hauteur sur X360, et les amateurs de FPS trouveront leur compte dans une aventure joliment mise en scène. Toutefois, il faut bien reconnaître que les aspects purement tactiques du jeu lui confèrent un drôle de statut, un peu hybride et qui empêche de bien choisir son camp […] Dans ces conditions, reste t'il de place pour un Rainbow Six ? Sûrement, mais pas au premier plan », voilà avec quels mots nous accueillions la sortie de R6 : Vegas. Une conclusion qui pourrait presque être réécrite telle quelle pour marquer le verdict de la critique de cette suite. Car en effet, si R6 : Vegas 2 a profité d’une grosse année de développement supplémentaire pour peaufiner certains aspects de son expérience, celle-ci reste toutefois assez frustrante et difficile à appréhender correctement pour l’amateur de FPS. Faut-il prendre R6 : Vegas 2 pour un pur jeu d’action ? Pas vraiment. Faut-il donc s’attendre à un titre dans lequel la tactique prime ? Non plus. En fait, il convient de prendre R6 : Vegas 2 comme un divertissement aux mécaniques très répétitives mais sauvé par sa mise en scène, le rythme accrocheur de ses mission, et sa multitude d’options en ligne.
Un profond ennui éclairé de quelques lueurs de génie, voilà à quoi ressemble en définitive la progression de R6 : Vegas 2
Heureusement, R6 : Vegas 2 offre au joueur quelques moments de bravoure bien mérités. Après avoir dû supporter de jouer les spectateurs, chauffé à blanc par ce déluge d’action et la frénésie des diverses scènes qu’il vient de vivre, c’est à lui – enfin ! – d’intervenir. Des interventions qui se doivent d’être radicales. Typiquement, il s’agira de se positionner à couvert derrière un mur, sortir sa lunette de précision et ajuster un ennemi à plusieurs dizaines de mètres pour l’éliminer en un éclair. Cela demande un minimum de pratique, mais génère quelques secondes grisantes. Une petite montée d’adrénaline qui pousse finalement le joueur à vouloir aller toujours plus loin pour vivre des scènes toujours plus surprenantes et se confronter à des situations toujours plus délicates. Un profond ennui éclairé de quelques lueurs de génie, voilà à quoi ressemble en définitive la progression de R6 : Vegas 2. Les amateurs adoreront, les autres craqueront au bout de trois missions.

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