Un jeu aussi beau et prenant...
Il y a des soirées comme ça, pendant lesquelles la « old-gen » nous fait de l’œil. Cette Playstation 2 qui nous a fait vivre tant d’aventures et qu’on laisse là, ingrat, à prendre la poussière. Et puis on se dit que tout n’est pas fini, que tous ces bons souvenirs n’ont pas été sacrifiés sur l’autel de la nouvelle génération, son Live et sa HD. Alors heureusement, il y a toujours l’un de ces « derniers grands jeux » de la PS2 qui reste à portée de pad. C’est le cas de Odin Sphere qui vient allonger cette liste gribouillée sur un bout de papier que l’on avait laissé vierge après avoir dégusté l’incroyable Final Fantasy XII (cf. le test). Et si c’était lui, le dernier grand jeu de la PS2 ?
Les nippons de chez Vanillaware ont déjà prouvé qu’ils ne manquent pas d’inspiration avec GrimGrimoire. Et avec Odin Sphere, c’est une nouvelle fois un mélange d’atypique et de mécaniques éculées qu’ils nous servent. Atypique dans la forme, Odin Sphere est avant tout un cocktail coloré particulièrement dépaysant. Cependant, Odin Sphere camoufle au-delà des apparences un fond un peu classique qui tranche avec à la magie des premières heures. Mais rassurez-vous, Odin Sphere reste néanmoins un jeu solide. Explications… Grisdela, fille du seigneur Odin, vient de perdre la vie dans les bras de sa sœur cadette, Gwendolyn. Rongée par une soif de vengeance intarissable, cette jeune guerrière se jette sans réfléchir dans l’immense conflit qui oppose le royaume de son père, Ragnanival, à l’ennemi Ringford aux mains de troublantes fées. Au cœur du conflit, les Psyphers, des cristaux capables de capter l’énergie vitale pour lesquels les deux peuples s’affrontent laissant à chacune de leurs rencontres de vertes plaines maculées de sang. La mort, voilà bien là un thème que Odin Sphere traite de façon particulièrement intelligente et qu’il porte au plus profond de lui-même, ce que le joueur apprendra bien vite à ses dépends. Car ébloui par un déluge visuel de toute première classe, il ne s’apercevra qu’après quelques « game-over » à quel point Odin Sphere peut se montrer intransigeant. En voilà un jeu qui se mérite !
Assimiler trop rapidement le titre de Vanillaware à un strict jeu d’action dans lequel l’habileté pad en main peut faire la différence est une grave erreur
Peut-être trop d’ailleurs si bien que dans la colonne des doléances, cette gestion archaïque et intraitable de la difficulté s’inscrit au premier rang. Un conseil, évitez de vous surestimez et lancez vous dans l’aventure en mode « facile », les premiers gros boss devraient vous conforter dans votre choix. D’un point de vue rythmique, Odin Sphere est une routine qui se répète et qui, à chaque tour, permet au joueur de perfectionner son appréhension des mécaniques de jeu. Car assimiler trop rapidement le titre de Vanillaware à un strict jeu d’action dans lequel l’habileté pad en main peut faire la différence est une grave erreur, l’intégration de l’importance primordiale des objets tout comme celle de ses règles d’évolution étant capitales. Le défi est de taille, on ne le répètera jamais assez, mais c’est là le sésame d’une œuvre visuelle et lyrique qui sublime une trame narrative travaillée juste ce qu’il faut, sublimée par tant d’orfèvreries visuelles qui confèrent à Odin Sphere le titre de pépite. Attardons-nous donc quelques lignes sur cette 2D incroyable de couleurs pétillantes et de précision. Réalisation qui vient coller un dernier coup de pied au cul de cette vieille PS2 que l’on avait presque oubliée capable de tant de merveilles, même si cette dernière souffre clairement à certains moments. Rien que pour ça, les amateurs d’Action/RPG devraient jeter un œil à Odin Sphere. Il faudra certes faire fi des défauts du titre qui n’en manque pas, mais les amateurs de belles choses seraient criminels de passer à côté de cette débauche de génie visuel.

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