Enfin là !
Kratos, l’un des héros les plus emblématiques de la sphère Sony au cours de ces dernières années, ne pouvait pas omettre de faire un détour sur PSP – une plateforme dont on dit souvent qu’elle mériterait de voir sa ludothèque se renouveler plus régulièrement. Et pourtant, God of War : Chains of Olympus s’impose comme une nouvel exemple de toutes les qualités ludiques de la portable de Sony, ce même s’il ne surprendra à aucun moment le connaisseur de la série initiée par David Jaffe. Car GoW : Chains of Olympus, c’est un peu l’assurance tout risque, la certitude de passer un super moment d’action. Et pour tout dire, c’est comme cela et pas autrement que nous l’attendions, pourquoi donc bouder notre plaisir ?
C’est vrai que nous l’aurons attendu ce God of War sur PSP. Depuis son annonce, jusqu’à pouvoir enfin le prendre en main à l’été 2007 lors de l’E3, le titre de Sony aura su se faire attendre et plus encore. C’est donc avec un peu fébrilité qu’il nous fut donné de plonger dans l’aventure sur la version finale du titre. Déjà impressionnant il y a un an, GoW : Chains of Olympus confirme tout le bien que l’on pouvait penser de lui après quelques heures de jeu. Tellement bon d’ailleurs que c’est d’une traite que nous avons été chercher l’écran de fin. Trop bon, et donc forcément trop court ? Il y a forcément un peu de cela mais pas seulement, car un coup d’œil jeté sur l’horloge confirme les craintes que l’on pouvait avoir : cinq petites heures (en comptant quelques game-over), et c’est fini. Voici donc le principal – et quasiment le seul ! – défaut que l’on se doit de notifier. Les autres amertumes laissées par ce God of War sur PSP étant directement liées à ce manque de contenu. On sort de l’aventure sans être réellement rassasié. On compte bien quelques passages épiques et autres boss démesurés, mais God of War avait pris pour habitude de combler les fanas d’action insatiables alors que cet épisode laisse clairement un arrière goût de trop peu. Et au final, si l’expérience vaut clairement d’être vécue par tout amateur de jeux d’action intenses et spectaculaires, on ne pourra que pester de ne pas voir le kiff se prolonger un peu plus longtemps, de ne pas multiplier davantage les moments mémorables et de ne pas chercher à renouveler au moins en surface une façon de faire que l’on ne connaît déjà que trop.
Le jeu sublime la mythologie, la violence et la fougue… pour le plus grand bonheur du joueur qui, aux manettes, écarquille ses mirettes à chaque instant !
Il n’est pas ici question de jouer les rabat-joie, ni même de snober un titre qui – quoi qu’on en dise – saura s’imposer à raison comme l’un des incontournables de catalogue PSP, mais simplement de se confronter au fait accompli. Parce qu’évidemment, God of War : Chains of Olympus regorge de points positifs. D’abord, comment ne pas s’extasier devant une telle maîtrise technique. Ready at Down (Daxter) prouve une nouvelle fois tout son savoir-faire en matière de développement PSP et a tout simplement conçu le jeu techniquement le plus parfait disponible sur la portable de Sony. La 3D y est impeccablement gérée, les modèles sont fins et bien animés, les scènes les plus impressionnantes ne font quasiment jamais sursauter le frame-rate et les effets visuels, saisissants, permettent d’oublier les divers défauts de collision constatés ou le léger aliasing qui persiste. Bref, GoW : Chains of Olympus est bel et bien la pépite visuelle qu’il promettait d’être. Plus impressionnant encore peut-être, Ready at Down a réussi à reproduire plus que fidèlement tout l’esprit, l’univers et la patte graphique de God of War. Le jeu sublime la mythologie, la violence et la fougue… pour le plus grand bonheur du joueur qui, aux manettes, écarquille ses mirettes à chaque instant !
Apprécier la maîtrise graphique du jeu, c’est bien. Mais il faut toutefois veiller à rester concentré sur ses combats car, comme d’habitude, l’IA – boostée par le grand nombre d’ennemis et la puissance des boss – ne fait aucun cadeau. L’une des grandes qualités de cet épisode PSP étant la fougue des affrontements qu’il propose et surtout le rythme intense de la trame qui embarque le joueur dans un tourbillon dont il sera assez difficile de se défaire, peut-être est-ce même là le bon côté de sa durée de vie un peu courte. Quoi qu’il en soit, cet épisode parfaitement adapté à la PSP n’aurait pas pu être plus intense, et c’est bien là l’essentiel. God of War : Chains of Olympus est pourtant sans doute trop scolaire, lui qui recopie encore et toujours les mécanismes déjà vus et revus sur PS2, et pour cause, ceux-ci sont diablement efficaces. Nous apprécions également un arsenal qui se complète du gant de Zeus permettant à Kratos d’être surpuissant au corps à corps ou encore des boules de feu empruntées à Efreet. Seuls ceux qui ont littéralement retourné dans tous les sens les deux précédents opus auront la forte impression de retrouver encore et toujours les mêmes principes, répétitifs, dont font partie les QTE redondants. Alors que pour ceux qui n’ont pas été aussi accros à la série – voire mieux, qui n’y ont jamais joué – se délecteront du concept de God of War. Pourtant ici, on a l’impression que le titre se focalise un peu trop sur ses fondements en délaissant les habituelles fioritures. Au final, le jeu est sans doute le moins inspiré de la série, mais reste l’une des bombes de la PSP puisque clairement, aucun jeu d’action n’est capable de rivaliser avec lui sur la portable de Sony. Des petits défauts et quelques déceptions… Mais God of War sur PSP, c’est quand même de la dynamite !
Ready at Down a fait un travail d’orfèvre sur cet épisode de God of War sur PSP, livrant le jeu le plus abouti du catalogue de la portable d’un point de vue technique. Mieux, cet épisode est parfaitement calibré aux exigences du support et reste excellent à prendre en main. Il y a pourtant quelques regrets à avoir, comme le manque de nouveautés, l’insuffisance de la durée de vie et un léger sevrage en moments épiques. Des petits défauts que seuls les inconditionnels de la série sauront reprocher à Chains of Olympus, les autres ayant trop à faire en s’émerveillant d’avoir entre les mains un jeu aussi intense que spectaculaire. Un titre majeur encore une fois, à acheter les yeux fermés pour les amateurs du genre, mais duquel nous attendions toute de même un peu plus (de folie, de boss gigantesques, de passages monumentaux et de défi) compte tenu de ce que God of War nous a déjà offert comme sensations par le passé.

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