Dead Space : Le grand frisson !

Publié le 29 octobre 2008, , par Mathieu Chartier - mis à jour le 05 juillet 2009 à: 19h - dans PlayStation, Xbox

Dans le paysage chargé de la fin d'année, personne n'aurait parié sur Dead Space. Fable 2, Fallout 3, Far Cry 2 d'accord, mais de là à voir Dead Space s'imposer comme LE jeu « over-hypé » du moment… Alors, buzz mérité ?

Les premiers tests de Dead Space sont dithyrambiques. Et tous s’accordent à dire que Dead Space réussit sans mal à contrebalancer ses minces défauts par l’intermédiaire de sensations horrifiques tout bonnement excellentes. On vante sa bande-son, son univers, ses références, mais aussi son gameplay et les ficelles mécaniques de la peur qu’il tire tout au long de l’aventure. Nous n’allons donc pas être très originaux en vous confirmant qu’effectivement, Dead Space est un très bon jeu et que la place qu’il s’est taillé parmi les gros hits de fin d’année n’est pas usurpée. En revanche, et avant de passer en revue l’ensemble des points parfaitement maîtrisés par les studios d’EA Redwood Shores, nous devons relativiser certaines choses. Tout d’abord, Dead Space n’invente rien. Ses fondations sont celles d’un Survival-Horror solide, quelque part entre Silent Hill et Resident Evil, générant de la peur au travers de mécaniques vues mille fois et toutes empruntées au cinéma d’horreur. Aussi, Dead Space use d’un pas lourd et d’un faux rythme pour scotcher le joueur, ce qui se révèle être un poil frustrant à la longue. Tandis que côté scénario, le jeu abuse de clichés et références sans jamais réussir à faire valoir une vraie idée maison. Enfin, pour adhérer à Dead Space il convient de se laisser hanter par un bestiaire qui est loin de faire l’unanimité. Mi-arachnides, mi-Aliens, les bestioles menaçantes de Dead Space sont aussi effrayantes que leur design peut rebuter.

Passé outre ces quelques bémols, impossible de ne pas s’extasier devant pareille expérience. Impossible non plus de ne pas saluer le retour aux affaires d’EA qui au travers de Dead Space fait la démonstration d’une politique d’édition qui évolue, avec la volonté de créer de nouvelles licences et surtout de profiter de moyens gargantuesques pour offrir à ses projets des finitions dignes de jeux new-gen dits « Triple-A ». Chez EA, en interne, Dead Space est même qualifié de jeu « anti-Sims », c’est tout dire ! La première chose qui frappe donc dans Dead Space, c’est la qualité de cette finition. Menus et habillages, travail sur l’animation et scènes toutes peaufinées dans leurs moindres détails font de Dead Space l’un des jeux les mieux finis de cette fin d’année. Tout est donc ici réuni pour vivre une aventure horrifique des plus soignées. Et le joueur, qu’il soit amateur de frissons vidéoludiques ou de SF carrément gore ne sortira pas indemne de l’expérience Dead Space.

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Oui, Dead Space fait peur. Son ambiance malsaine, ses décors morbides, son odeur de souffre suffisent à mettre le joueur dans l’embarras

La réussite de Dead Space est donc quasi-totale puisqu’elle tient principalement à ce souci global d’offrir le jeu le mieux réalisé possible. Il n'étale donc rien de révolutionnaire, préférant emprunter ça et là ses idées chez les cadors du Survival-Horror et de l’Action pour les implémenter à son univers malsain. Que ce soit pour générer de la peur, ou offrir des séquences ludiques intenses, EA a donc été piocher sans vergogne chez Resident Evil, remplaçant Raccoon City par l’USG Ishimura, vaisseau fantôme et tombeau spatial. Un navire spatial traité en véritable personnage principal, lui qui est doué d’une âme inquiétante, et qui génère au moins autant d’angoisse que les aliens qui l’habitent avec sa carcasse qui craque, ses portes automatiques déréglées, et ses problèmes mécaniques que le joueur devra très régulièrement contourner pour avancer en réparant tel ou tel accès. Si l’on peut donc citer Resident Evil comme inspiration principale, il ne faut pas oublier d’évoquer Gears of War duquel Dead Space s’inspire dans le traitement du personnage principal si important pour un TPS, ou encore Doom 3 pour évoquer ces couloirs obscurs qui recèlent de pièges à faire frémir n’importe quel aventurier spatial.

Car oui, Dead Space fait peur. Son ambiance malsaine, ses décors morbides, son odeur de souffre suffisent à mettre le joueur dans l’embarras, tandis que Isaac, notre personnage principal, finit d’instaurer le doute chez le joueur. En effet, cet étrange avatar complètement muet parfait la réussite des sensations de jeu. Son attitude corporelle sans cesse au premier plan, ses animations, et la rigidité que lui confère son armure participent pleinement à rendre le joueur hésitant. Et l’on progresse de fait en étant toujours sur la défensive, à la merci d’une attaque qui sera aussi cruelle que flippante, s’achevant forcément dans une marre de sang… Et pourvu que ce ne soit pas celui de notre héros. La gestion de la difficulté est à ce titre très intéressante, parce qu’autant Dead Space n’est pas avare ni en munitions, ni en soins, autant il sait parfois se montrer très dur avec le joueur, lui tendant certaines embuscades très chaudes. C’est dans ces luttes que la tension est à son paroxysme, plus encore que lorsque l’on garde l’œil dans le viseur au moment d’ouvrir une porte automatique sans avoir la moindre idée de ce que l’on va trouver derrière.

Dernières réactions

FeelTheWay - le 29/10/08 à 16:01
Ahh !!! enfin !! La lecture s'est faite toute seule C'est vrai que la gueule des ennemis m'a paru bizarre au 1 er coup d'oeil car je m'attendais à des zombies ! mais sinon au final ca court vite, ca fait mal et ca a une sale gueule donc ca me va (c'est toujours mieux que SH dont j'adhère absolument pas aux monstres) En tout cas le début est ENORME ! hate de continuer de jouer à ce jeu dans le noir
Fishdrake - le 29/10/08 à 21:04
Un collègue me l'a vivement conseillé je vais vite me le payer...
Jackpro - le 29/10/08 à 22:27
Bon test wink Je suis pleinement en accord avec le début qui permet de mieux parler du jeu ensuite, une fois avoir pris conscience de ses limites. Dead Space n'est pas Silent Hill 2 mais bel et bien un condensé de moult genres, dans un enrobage "Survival Horror", où de nombreux éléments semblent sublimés :)
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