Fallout + Oblivion 1.5 = Fallout 3, la bonne équation ?

Publié le 04 novembre 2008, , par Mathieu Chartier - mis à jour le 05 juillet 2009 à: 20h - dans PC, PlayStation, Xbox

L'ultime inconnue de l'équation Fallout 3 n'est plus. Bethesda a enfin lâché en rayons son titre le plus attendu, licence Fallout oblige. En résulte une aventure particulièrement riche, doublée d'un univers majestueux, mais aussi un jeu qui n'évite pas les travers de son vrai patriarche : Oblivion. Fallout ne jouant ici qu'un rôle de père spirituel. Explications...

Avant que la déception ne prenne le pas sur le plaisir de la découverte, il faut savoir faire une chose avant de se lancer dans Fallout 3 : abandonner tout espoir d’y retrouver à l’identique l’atmosphère si particulière des jeux d’Interplay. Une fois le deuil fait de l’interface vieillissante et des mécaniques richissimes des deux premiers Fallout, c’est avec un regard neuf que l’on peut donc se plonger dans ce Fallout 3 à la sauce Bethesda. Une expression bien révélatrice des tenants et aboutissants du jeu, tant Bethesda a – au travers d’Oblivion – démontré quelle était sa patte new-gen. L’exercice auquel s’est frotté le studio américain est d’ailleurs assez périlleux dès lors que l’on saisit l’enjeu du retour de Fallout, et qu’on le conjugue au savoir faire assez stéréotypé du moteur que l’on savait récupéré des cendres d’Oblivion. Il fallait donc pour Bethesda réussir à sortir d’un carcan déjà critiqué avant même la sortie du jeu, ce que Fallout 3 fait assez subtilement en créant notamment un univers assez fantastique à découvrir, à l’ambiance carrément bien rendue. Un univers qui, bien que trop découpé et parfois un poil redondant, réussit le pari d’offrir une grande liberté d’action, caractéristique essentielle à la réussite d’un Fallout pour les amateurs de la série. Quant à la richesse du jeu, elle est assurée au travers d’interactions et de possibilités quasi sans fins, garantissant à l’aventure une durée de vie magistrale. Fallout 3 est bien un grand jeu, au sens littéral comme au sens figuré. Et ce même s’il n’est pas sans défauts !

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Des défauts renvoyant à la technique pour la plupart, voire à quelques fautes de goûts. Car si l’ambiance très « Mad Max » de ce Fallout 3 est un pur régal - sublimé par un jeu d’ombres et de lumières des plus réussis -, on ne peut s’empêcher en premier lieu de tiquer sur certains choix artistiques. Nous n’irons cependant pas critiquer l’implémentation subtile de la trame principale aux diverses quêtes, ni même l’usage de personnages hauts en couleurs et pour le moins charismatiques. Non, nous critiquerons en revanche volontiers le monster-design de certaines goules, et de mutants rappelant autant de géants verts bodybuildés sortis de champs de maïs radioactifs. Un frein à l’immersion que la découverte de plaines magnifiquement dévastées à perte de vue et celle, plus intimiste, de villages de fortunes, gommera à mesure que l’on entrera tranquillement dans le monde de Fallout 3. Une entrée en matière parfaite jouée dans le Vault 101 (comme un parfait hommage à la série), où l’on découvrira son enfance en finissant d’inscrire les derniers paramètres à la fiche de notre personnage principal, apprenant par la même occasion à jouer avec son Pip-Boy centralisant toutes les données de jeu. L’une des très bonnes idées de Fallout 3, même si elle n’est pas exempte de défauts d’interface. Faut-il y voir une ultime référence aux prémices de la série ? Pas sûr…

Fallout 3 est bien un grand jeu, au sens littéral comme au sens figuré. Et ce même s’il n’est pas sans défauts !

Mais revenons à la technique, assez critiquable par moment devant des animations bien rigides et des textures parfois vomitives, sans parler de zones qui semblent avoir été carrément copiées-collées. Il faut aussi noter que sur Xbox 360, les temps de chargement sont longs et nombreux, ce qui devient assez vite agaçant. Et il faudra aussi compter avec quelques errances du moteur générant aléatoirement des bugs graphiques plus ou moins grossiers. Mais voilà, tous ces défauts s’écrasent devant l’ampleur du jeu qui jouit d’une direction artistique qui, si l’on fait l’impasse sur certains points évoqués ci-dessus, ne souffre que de minimes anomalies. A la sortie de l’abri anti-atomique, le joueur est alors livré à lui-même, ébloui par la lumière du jour qu’il découvre pour la première fois, le voilà plongé dans un univers aussi complexe qu’hostile à la quête d’un père disparu. Ne comptez toutefois pas sur nous pour vous en dire plus, nous ne jouerons pas les « spoilers » et préférons que vous puissiez découvrir par vous-même la richesse d’un monde a priori complètement dévasté. Nous ne révélerons d’ailleurs rien de tragique en dévoilant que cet alibi à notre sorti du Vault 101 ne représente qu’un seul pan du fil rouge de l’aventure qui compte bon nombre de rebondissements et autres coups de théâtre. Si l’on se réfère aux expériences de joueurs collectées ça et là, il semblerait que Fallout 3 puisse se boucler en une vingtaine d’heures si l’on s’attelle à cette unique tâche. Mais bien évidemment, ce serait un cruel pêché tant la richesse de l’univers créé par Bethesda se trouve ailleurs. Dans l’exploration, les quêtes annexes, les rencontres… Autant de situations qui induisent de faire des choix, lesquels choix auront forcément une répercussion sur la poursuite de l’aventure. D’ailleurs, nous ne nous priverons pas d’effectuer un rapide parallèle avec un certain Fable 2 récemment passé entre nos mains (cf. cet article) et dans lequel les émotions étaient décrites par son créateur Peter Molyneux comme une fin en soi. Nous avouerons donc sans mal que Fallout 3, comme Fable 2, réussi à instaurer une atmosphère assez particulière autour de l’aventure qui implique le joueur de manière à véhiculer lui aussi des émotions assez fortes. L’appartenance à son personnage, façonné au fil de l’aventure, n’y est pas étrangère. Tandis que le ton mature ici emprunté n’est pas pour nous déplaire. Quant à l’influence du chien qu’il faudra ici réussir à dénicher, nous n’y reviendrons pas !
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Dernières réactions

blackswordsman - le 04/11/08 à 17:27
Y'a trop de bons jeux à faire en ce moment ! Merci pour le test, apparemment le jeu sera d'autant plus plaisant pour ceux (dont je fais partie) qui ont apprécié Oblivion et n'ont pas fait les deux précédents Fallout (oui, j'avoue, pas fier :roll: ) ... A part ça, je serai vraiment curieux de voir un papier sur Far Cry 2, il me semble assez odieusement surcôté ! Enfin c'est un étron quoi :o
flyingpooh - le 04/11/08 à 19:22
Perso je regrette amérement mes thunes...Je HAIS ce Fallout 3. J'ai l'impression de jouer à un MMO tout seul, à un Oblivion reskinné avec des images et idées de Fallout et avec un design on ne peut plus générique. Quand on ajoute à ça le côté bordélique ( du genre marcher pendant dix mètres croiser des raiders, puis dix mètres plus loin des Griffemorts, puis plus loin des Supermutants ), les graphismes complétement datés et l'animation made in Bethesda ben...Ahlàlà, si Troika était encore de ce monde :(
FeelTheWay - le 04/11/08 à 19:50
merci pour ce test et ce qui a été perdu côté cynisme sur les 2 premiers fallout merci à ces cons de casual et leur console de merde :o les jeux à l'ancienne avec de vrais dialogue n'existent que sur PC (cf : the witcher)
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