Après l'affaire Gerstmann sur GameSpot suite au test de Kane & Lynch, la politique d'Eidos fait de nouveau polémique relativement à la sortie de Tomb Raider : Underworld au Royaume-Uni. De l'influence des éditeurs sur la presse…
Le processus est on ne peut plus simple : si la note attribuée à Tomb Raider : Underworld par un média sur Internet est supérieure à 8/10, alors la rédaction de celui-ci est invitée à publier sa critique dès que possible. En revanche, si la note attribuée au jeu d’Eidos est inférieure à ce pré-requis, le site en question devra attendre quelques jours supplémentaires avant de pouvoir publier son avis, et laissera ainsi le nouvel épisode des aventures de la plantureuse Lara Croft jouir d’une sortie sans tâche. C’est fâcheux. Carrément contraire à toute éthique journalistique. Et pourtant, il semblerait bien que ce soit la triste réalité au Royaume-Uni. Bizarrement, Tomb Raider : Underworld est sorti en avance aux Etats-Unis, où il a reçu sur le Web des notes inférieures à 8/10, sans que cela ne prive les médias en question de la publication du test en avant-première. L’affaire semble donc ne concerner que le territoire britannique où Eidos a confié ses relations presse à l’agence Barrington Harvey, lui imposant par la même d'obtenir un accueil critique enthousiaste pour le jeu, au moins sur sa période de sortie, histoire de maximiser ses chances d’écouler rapidement le plus de galettes possible. Eidos aurait-il quelque chose à cacher ? S’agit-il là d’une pratique courante chez certains éditeurs outre-Manche ? Impossible à savoir. Toujours est-il que Eidos n’est pas vierge en matière de polémique de grande envergure, puisque l’on se souvient bien de l’affaire Gerstmann, ex-rédacteur en chef du site GameSpot qui avait étrangement quitté ses fonctions au lendemain d’un test très critique de Kane & Lynch, d’ailleurs retouché à la demande de l’éditeur les heures suivant sa mise en ligne. Editeur qui avait bizarrement acheté une très grosse campagne publicitaire sur le site en question…« Appel d’Eidos : Si vous prévoyez de mettre moins de 8/10 à Tomb Raider Underworld, merci de ne pas publier votre test avant lundi. » - Guy Cocker via Twitter
Cette fois-ci, c’est à la plateforme de micro-blogging Twitter que l’on doit le coup d’envoi de cette nouvelle situation délicate pour Eidos. En effet, sur le compte de Guy Cocker – spécialiste britannique de la chose vidéoludique qui œuvre notamment sur GameSpot UK – on a pu lire le statut suivant : « Appel d’Eidos : Si vous prévoyez de mettre moins de 8/10 à Tomb Raider Underworld, merci de ne pas publier votre test avant lundi. » Une étincelle qu’a suivi la rédaction de VideoGaming247, contactant alors l’agence de presse d’Eidos en Angleterre où un représentant aurait déclaré dans un élan d’honnêteté : « C’est exact, nous essayons de gérer les notes obtenues par Tomb Raider : Underworld à la demande d’Eidos […] L’objectif est de faire en sorte que le score du jeu sur MetaCritic reste élevé jusqu’à sa sortie, afin de faire en sorte que les gens ne se retiennent pas d’acheter le jeu. » Malgré la tentative de rattrapage de Barrington Harvey, le feu s’était déjà trop propagé pour que les efforts de « Damage Control » parviennent à sauver la maison.
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