Jeu vidéo & cinéma ne parleraient pas le même langage...

Publié le 26 juin 2009, , par Mathieu Chartier - mis à jour le 06 juillet 2009 à: 21h

...Tels sont les mots de Ian Stevens, Président des studios Tigon, pour évoquer les relations qu'entretiennent les deux principales industries du divertissement aujourd'hui.

Si l'on vous dit Tigon, vous ne saurez certainement pas de qui, ou de quoi, l'on parle. Pourtant, il suffit d'évoquer la proximité de Vin Diesel pour mieux saisir qu'il s'agit d'un studio affilié à la star hollywoodienne qui s'est mise en tête de se lancer dans une activité bi-média pour que ses films deviennent des jeux et inversement. On le sait – il l'a assez dit ! - Vin Diesel est bodybuildé mais il est également un grand amateur de jeux vidéo. Et sa participation à la conception des Chroniques de Riddick avait fini de le persuader qu'il avait un rôle à jouer dans l'industrie du divertissement interactif. C'est pour cela qu'il a fondé le studio Tigon, dont le Président, Ian Stevens, s'est récemment exprimé sur sa vision du couple infernal formé par le cinéma et le jeu vidéo.

Pourtant moins costaud que son ami Vin, Ian Stevens n'y va d'ailleurs pas de main morte lorsqu'il s'agit d'appuyer sur l'incompréhension existant entre ces deux univers. « Les gens d'Hollywood, pour la plupart, n'y comprennent rien. Ils ne s'intéressent au jeu que lorsqu'il comprenne qu'en tant que produit dérivé, ce sera le seul moyen de faire exister leur projet et de le financer. Ce n'est que du business, il n'y a rien de créatif là dedans. Ce qui explique la médiocrité des adaptations » saute-t-il les pieds dans le plat. « Quand on parle de jeux vidéo à un producteur hollywoodien, il s'imagine un jouet. C'est grave. Mais les choses évoluent et le jeu vidéo est de plus en plus respecté. Normal, nous faisons plus d'argent qu'ils n'en font avec leurs blockbusters. Et tout le monde le sait, un producteur, fusse-t-il de film, s'intéresse avant tout à l'argent » précise-t-il.

Le jeu vidéo commence seulement à se structurer et génère déjà plus d'argent que le cinéma. Dans un tel climat, les rôles vont forcément s'inverser dans les dix ans à venir


Bien entendu, on pourrait répondre à Ian Stevens qu'il est facile de donner des leçons lorsque l'on est capable de mettre au point un jeu aussi pauvre que The Wheelman, mais il faut avouer que notre homme a un regard bien aiguisé sur les vraies relations qu'entretiennent ces deux mondes. « On parle pas la même langue. D'un côté, on a un marché qui peine à rentrer de l'argent et qui doit toujours aller plus loin pour s'en sortir et faire vivre des producteurs avides de billets verts, des réalisateurs avides de récompenses et des acteurs avides de notoriété. De l'autre, on a une industrie innovante, jeune, dynamique et créative sans starification et qui, timidement, essaye de délivrer les meilleurs expériences récréatives. Le jeu vidéo commence seulement à se structurer et génère déjà plus d'argent que le cinéma. Dans un tel climat, les rôles vont forcément s'inverser dans les dix ans à venir » explique-t-il avec aplomb.

Mais de quelle révolution parle-t-il ? Pour Ian Stevens, il y aura une mutation importante au niveau du storytelling et de l'écriture. Aujourd'hui, les scénaristes se pressent pour travailler pour le cinéma ou la télévision, alors qu'écrire pour le jeu vidéo n'est pas valorisé, loin de là. Ce qui devrait changer, car le jeu vidéo offre une liberté de ton et un champ d'expression bien plus vastes. Aussi, le jeu vidéo va avoir besoin de plus en plus de scénarios originaux et bien écrits, puisque la production se maintient à un niveau impressionnant même en temps de crise, alors que l'activité d'Hollywood tend à diminuer légèrement d'année en année.

Nous serions donc à l'aube d'une mutation qui se répercuterait à terme à tous les étages de la production de divertissements pour que le jeu vidéo soit traité en première ligne. Ce qui ne sera pas sans créer de nombreuses jalousies nous rappelle Ian Stevens qui sait d'avance que les « anti-jeux vidéo feront tout pour plomber l'avenir du média. Que ce soit en traitant le sujet négativement dans la presse, ou autre ». Heureusement, on a déjà eu à maintes reprises la confirmation qu'il en fallait plus pour arrêter l'essor du jeu. Que Vin Diesel se rassure, après l'excellent Riddick, il aura forcément l'occasion de se racheter de l'infâme The Wheelman. Il devrait essayer de commencer avec le film éponyme tiré du jeu vidéo prévu pour cette année.

ZeniMax rachète id Software, EA fusionne Mythic et BioWare   Le marché français du jeu vidéo marque le pas

Dernières réactions

Fishdrake - le 27/06/09 à 12:06
En même temps, ce cher monsieur devrait eviter de melanger les rôles. Le producteur, c'est clair, il est la pour rentabiliser la chose. Il a mit des sousous dans le truc il veut voir les sousous revenir, en plus grand nombre. C'est ça investir. Si il veut parler de choses plus "artistiques", qu'il aille voir le réalisateur du film. Maintenant je ne suis pas d'accord, tout les réalisateurs ne sont pas avides de récompenses. Enfin je le pense.
Slaash - le 29/06/09 à 12:46
FishdrakeEn même temps, ce cher monsieur devrait eviter de melanger les rôles. Le producteur, c'est clair, il est la pour rentabiliser la chose. Il a mit des sousous dans le truc il veut voir les sousous revenir, en plus grand nombre. C'est ça investir. Si il veut parler de choses plus "artistiques", qu'il aille voir le réalisateur du film.
Ouais mais on sait bien qu'en général la créativité d'un réalisateur est bridée par le producteur qui n'aime pas la prise de risque.
Vous n'êtes pas identifié

Pour participer à la discussion, vous devez vous identifier ou vous inscrire si n'avez pas encore de compte sur l'un de nos sites.

  • Tout
  • Hi-Tech
  • Matériel
  • Mac
  • Jeux

Actualités

Les plus commentés

Telex