Tekken débarque enfin en HD dans un sixième épisode qui en profite pour faire des infidélités à Sony et sortir également sur Xbox. Mais voilà, nous avons du mal à rester objectif avec Tekken 6. Alors on s'est autorisé une critique toute en subjectivité assumée...
C'est un fait, on a beau eu essayer de s'y faire, on n'y arrive pas. Tekken 6 nous rebute, et pourtant, nous sommes de grands amateurs de jeux de baston. Sommes-nous normaux docteur ? Pour le savoir, et parce que nous nous devons de justifier pareille position, nous avons listé quelques unes des raisons pour lesquelles nous n'aimons pas Tekken 6. Et avant que la polémique ne fasse rage, nous invitons évidemment nos lecteurs à bien comprendre que tout cela est très subjectif. D'ailleurs, qui peut sciemment parler de critique de jeux vidéo objective sans être – au moins un peu – malhonnête. Dès lors, il va de soi que les inconditionnels de la maison Tekken et les fans de jeux de baston élevés à la PlayStation adoreront cet Iron Fist Tournament version HD. Bien entendu, nous ne leur en tiendrons pas rigueur et comprenons parfaitement qu'ils puissent aimer Tekken 6, et pourtant...
Tekken 6 n'est pas très joli
Pour beaucoup, Tekken 6 est le symbole de la démocratisation du jeu de combat en 3D. Une génération PlayStation qui pouvait se vanter d'avoir, avec Tekken, le plus beau jeu de combat du marché. On pouvait donc s'attendre à ce qu'au moment de passer en HD, Namco Bandai réussisse à imposer Tekken 6 comme LA sensation visuelle des jeux de baston de nouvelle génération. Finalement, il n'en est rien. Certes cet épisode appuie sur le dynamisme de certaines de ses arènes à étages, ou sur une animation difficile à prendre en défaut, mais pour le reste, nous ne pouvons cacher notre déception. Modélisation manquant de précision, textures fades ou trop criardes, effets pyrotechniques vraiment chiches, physique ridicule... On s'attendait à quelque chose de bien mieux fini et à une expérience visuelle plus punchy. Dommage.
Tekken 6 conforte le règne du combo infini
Autre grief, le manque de retouches côté gameplay installant la série dans la même monotonie qu'autrefois. Un culte du combo infini qu'il se finisse dans les airs ou à terre. Une réalité encore plus marquée par cette épisode qui offre aux personnages de nouvelles possibilités avec les « Ground Combos », et des coups qui permettent de smasher son ennemi au sol. Résultat, une fois son personnage maîtrisé, il suffit de trouver la brèche pour placer un enchaînement qui videra la barre de vie de son adversaire d'au-moins la moitié, si ce n'est plus... Sans qu'il ne soit possible en face de réagir, tabassé comme un pantin. On ne parle pas ici de bourrinage car, à haut niveau, il est évident que Tekken 6 peut être assez technique, mais d'un gameplay trop lourd qui ne permet pas de se sortir d'un enchaînement après la moindre petite erreur de défense. Irritable.
Tekken 6 a des barres de vie qui se vident ridiculement vite
Dans un tel contexte, on comprend mal comment Namco Bandai a pu ne pas apporter plus de soin à l'équilibre des barres de vie du jeu qui se vident à un rythme jamais vu. Un défaut qui n'était pas aussi marqué dans les précédents épisodes de la série mais qui, dans ce sixième opus, engendre des joutes qui – même à haut niveau – durent rarement plus de 20 secondes. Et cela n'est pas sans nous déranger, car ne pas avoir vraiment l'opportunité de se refaire après une ou deux boulettes nuit clairement à la physionomie des affrontements, et au fun global. Alors oui, il y a du côté des nouveautés l'apparition du système de Rage qui permet de voir sa puissance être boostée après avoir encaissé une belle série de coups, et ainsi autoriser quelques victoires en Great génératrices d'adrénaline. Mais l'idée tombe un peu à l'eau car dans une majorité de situations, le dernier enchaînement encaissé vous aura déjà laissé pour mort. KO.
Tekken 6 est trop laggy en ligne
Là où ses adversaires (Virtua Fighter, Street Fighter, SoulCalibur, etc.) ont tous passé sans trop de heurts l'épreuve du jeu en ligne, nouvel eldorado des fanatiques de combat virtuel, Tekken 6 fait couac. Notre connexion n'est pas en cause, le jeu en ligne ne nous posant aucun problème généralement. Il y a donc plusieurs possibilités. Soit nos adversaires sont de grands amateurs d'eMule et de BitTorrent. Soit le code Online de Tekken 6 est perfectible. Bizarre pourtant, la base est la même que celui de Tekken 5 DR Online. Vu l'expérience que nous avons eu du jeu en ligne, nous pencherions tout de même sur la dernière solution en espérant très fortement pour les amateurs de Tekken 6 que Namco Bandai publie rapidement un patch pour corriger ces petits problèmes de stabilité qui nous ont gâché plus d'un match. Le contraire serait étonnant puisque Tekken 5 DR Online fonctionne lui plutôt très bien. A revoir.
Tekken 6 nous a achevé avec son mode Histoire
Histoire de parachever notre verdict, nous ne pouvions pas passer outre l'aberration du mode Histoire qui n'est pas sans nous rappeler le kitschissime mode FPS de Time Crisis 4. Un mode dans lequel on pourra débloquer des items pour personnaliser ses combattants, mais à quel prix ! Des couloirs abjects remplis d'adversaires à l'IA de bulot qu'il faut tabasser coûte que coûte en usant encore et toujours des mêmes coups, les plus efficaces. Un mode si terne, et à voir, et à jouer, que l'on se croirait revenu quelques années en arrière, quand les câbles HDMI n'existaient pas encore et que les écrans cathodiques bouffaient toute la place de la studette. Triste.
Fair-Play : ce que l'on a aimé dans Tekken 6 !
Pour sûr, le constat est amer. Volontairement à charge. Mais nous sommes plutôt bons joueurs, alors nous allons avouer que certaines choses nous ont plutôt plu dans ce Tekken 6. D'abord, son accessibilité légendaire. Tekken 6 est parfait pour une soirée bourre-pifs entre amis qui ne sont pas très jeux de combat à la base. Quelques combats suffisent pour comprendre les rudiments du jeu, et tous les personnages se jouent plus ou moins de la même manière excepté quelques as de la choppe ou ceux ayant une allonge particulière. Facile à prendre en main, d'autant plus que nombreux sont les joueurs à avoir déjà au moins une fois touché à la série, Tekken 6 est parfait dans ce rôle. On apprécie également de voir que le casting est au complet dès le premier allumage du jeu. 40 persos jouables, dont une petite brochette de nouveaux, voilà qui permet de s'envoyer quelques combats sans avoir à galérer pour débloquer le tout en solo. On est d'ailleurs plutôt heureux de voir qu'à part Yoshimitsu ou Lei dont les combos ont été remaniés, les vieux briscards surliftés se jouent toujours les yeux bandés... Les enchaînements de Dark Resurrection ayant conservé leur efficacité. Enfin, la meilleure idée de ce Tekken 6 est sans doute l'utilisation des fameux fantômes qui permettent de se battre contre une IA simulant le style des combattants du mode en ligne que l'on aura choisi au préalable. Ainsi, il suffit de télécharger un profil pour affronter, en local, le fantôme de l'un des joueurs du mode Online. Une excellente opportunité pour défier les stars du haut du classement qui sont, pour la plupart, ceux qui, déjà dans Tekken 5 DR Online, squattaient les premières places. L'occasion de constater que Tekken 6 est un jeu technique à la marge de progression bien réelle, tant les meilleurs se révèlent quasi-imbattables. Enfin, les nouveaux personnages s'intègrent plutôt bien. Bob est carrément excellent dans son rôle de bibendum virevoltant, Miguel très agressif au sol, Alisa parfaite en robot cybernétique très efficace... Et puis le boss final, Azazel, vaut le détour tant il se révèle difficile à vaincre. Un vrai défi.
Nos chouchous face à Tekken 6, causes de mauvaise foi...
Bien sûr, si Tekken 6 ne nous plaît pas, mais que nous sommes par ailleurs amateurs de jeux de combat, c'est bien qu'il y a des jeux qui sont partie prenants dans notre critique. Il y a évidemment Street Fighter IV qui, vous vous en rappelez, nous avait laissé pantois (cf. cet article) mais aussi et surtout SoulCalibur IV – autre jeu Namco Bandai, comme quoi – auquel nous jouons sans relâche depuis sa sortie, sans jamais nous lasser. Deux titres qui, s'ils n'avaient pas révolutionné en profondeur leurs propres séries, avaient toutefois réussi à marquer une avancée suffisamment prononcée pour justifier un passage sur consoles HD. Street Fighter IV avec son style graphique osé et détonnant. SoulCalibur IV avec son gameplay hyper complet et surtout extrêmement équilibré. Des jeux face auxquels Tekken 6 nous laisse un arrière goût de rance. De licence qui, même si elle a évolué par bribes, paraît datée et has been. Une image renforcée par les meilleurs souvenirs que l'on garde de Tekken, sans doute vécus sur un Tekken 3 en apothéose.

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Ce jeu est merdique en tout point et vaut mieux préférer un ancien Tekken. Le 1er restant mon préféré surement par nostalgie)