Sans crier gare, Darksiders réussit à nous fournir notre premier frisson de l'année 2010 en allant piocher ses bonnes idées ailleurs, mais en les utilisant avec inspiration.
Darksiders est un projet que nous suivons depuis maintenant environ trois ans. Et pour tout vous dire, ses premières sorties médiatiques – notamment à l'occasion d'un premier E3 – se sont avérées plutôt hasardeuses. Les américains de Vigil Games, pour qui c'est un premier jeu, étaient en effet hésitants et leurs présentations n'avaient pas l'enthousiasme contagieux. Résultat, nous n'avons suivi l'évolution du jeu que d'assez loin, sans jamais trop y croire. Tant mieux, car aujourd'hui, la surprise est totale. En effet, Darksiders n'est pas seulement un très bon premier jeu, c'est également un super titre tout court qui nous permet de démarrer l'année 2010 sur d'excellentes bases. Dire que nous aurions pu passer complètement à côté de GUERRE, ce lointain cousin de Kratos, de Link et de Raziel qui nous embarque dans une abracadabrantesque aventure faite d'action, de gore mais aussi de plateformes et de puzzles.
C'est la GUERRE
Si nous évoquons ici Kratos en premier lieu, c'est que globalement, Darksiders rappelle énormément God of War de par sa bestialité. GUERRE est un héros démesuré, qui porte une épée titanesque et qui achève ses ennemis dans des mises en scène à la cruauté totale. Un héros taillé dans le roc, qui aura en plus la chance d'évoluer au fur et à mesure de sa progression, en récoltant de nouvelles armes et pouvoirs, dopant ainsi le gameplay du titre sur le pan de l'action. D'un point de vue beat'em all, Darksiders n'a donc rien d'original puisqu'il est plus ou moins construit comme n'importe quel titre du genre. Petite originalité toutefois, une fois passé un certain point GUERRE a de nouveau accès à la Rage qui lui permet de se transformer le temps d'asséner quelques coups en créature infernale carrément impressionnante à manipuler. Tout est donc plutôt bien ficelé, de la mise en scène à la gestion de la difficulté, même si la caméra a parfois du mal à suivre quand cela va trop vite.
A cela s'ajoute une autre dimension, ouvertement copiée sur un style de jeu « à la Zelda », avec des donjons fermés dans lesquels il faut progresser de pièce en pièce en se laissant guider par les quelques indices laissés par le jeu. Parfois, il s'agit de puzzles, d'autre fois il suffit de faire place nette dans une salle, mais toujours il faut avancer par bribes, et savoir utiliser à bon escient les objets disséminés. Des phases de jeu qui auraient pu très vite se transformer en véritables chemins de croix, mais qui grâce à une habile architecture et à une rythmique intelligente s'intègrent parfaitement à l'action pour fluidifier une aventure dans laquelle la progression est d'un naturel déconcertant. Sans doute le fait d'user des mécaniques connues de tous les joueurs, certes, mais le fort de Darksiders est de réussir à tout faire avec simplicité, et qualité. Et puis nous évoquions également Raziel, héros de Soul Reaver, avec lequel GUERRE partage la possibilité de voler un court instant ou de déplacer certains blocs. Bref, GUERRE – en cumulant les aptitudes de bon nombre de personnages bien connus des joueurs – réussit à proposer une prise en main aussi efficace que variée, bien que parfois un poil trop rigide, surtout lors des phases de plateformes.
Un pot-pourri qui sent bon
Bien sûr, nous ne sommes pas du genre à glorifier la copie carbone. Ainsi, si Darksiders a réussi à nous embarquer l'épée à la main sur sa monture, c'est qu'il reprend à son compte toutes ces bonnes idées en réussissant aussi à faire exister son propre univers de fin de monde et à imposer son héros comme un personnage charismatique à part entière. Quasiment jamais dans l'invention, les développeurs de chez Vigil Games n'ont toutefois pas laissé leurs neurones au vestiaire et ont sans cesse réussi à intégrer idées et lieux communs dans un jeu qui leur est propre. Quant à la partie technique, sans faire des merveilles, Darksiders répond présent avec de jolis points de vue, une animation cohérente et maîtrisée, ainsi que des effets spéciaux pleins de punch. Seuls quelques ralentissements viennent gâcher la fête, sans que l'on puisse blâmer le travail de Vigil Games pour autant. Complet, varié, rythmé, Darksiders est un pot-pourri de diverses bonnes idées tirées de titres majeurs issus des domaines de l'action et de l'aventure. Un jeu très violent, qui tire sa propre identité d'un univers post-apocalyptique graphiquement réussi. Si bien qu'au-delà de petits couacs techniques assez peu nombreux, il faut l'avouer, Darksiders est un titre à découvrir. De quoi lancer 2010 de la plus belle des manières avec un recyclage bien inspiré qui sent le frais.

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Je crois que je vais me le prendre ce jeux.
Je l'ai fini sur xbox360, mais j'aurais préféré me le faire sur pc, pour éliminer le tearing et l'aliasing trop présent à mon gout.