Army of Two 40th Day, Dante's Inferno et Mass Effect 2 : du bon à l'excellent chez EA

Publié le 09 février 2010, , par Mathieu CHARTIER - mis à jour le 11 février 2010 à: 12h - dans Multi

Electronic Arts réussit son début d'année avec le bon Dante's Inferno, le très bon Army of Two 40th Day et l'excellent Mass Effect 2... Trois exemples d'un renouveau de la politique de l'éditeur américain qui porte ses fruits sur la longueur.

Mass Effect 2Ces jours-ci, trois jeux édités par Electronic Arts sont passés entre nos mains. Trois titres à l'action dominante mais tous relativement différents dans leur approche. Une constante cependant : la qualité. On l'a déjà dit à de nombreuses reprises, mais il est de bon ton de rappeler qu'après près d'une décennie d'égarement, l'éditeur américain fait depuis deux saisons un retour en force dans le cœur des gamers. Il y a certes toujours du Sims chez EA, mais que ce soit chez EA Sports, chez Valve, chez BioWare et plus globalement chez la grande majorité des studios appartenant à l'éditeur, les productions atteignent un niveau plus que satisfaisant.

Mass Effect 2 et l'orientation grand public

Passons rapidement sur le cas Mass Effect 2 qui est sans doute le moins intéressant, et pour cause, il s'agit tout simplement du meilleur des trois jeux dont il est question ici. Bien qu'il existe actuellement une petite polémique Mass Effect 2 suite à la réduction incomprise par certains de l'aspect purement rôliste du jeu, avec une simplification étonnante de l'inventaire et une exploration quasiment réduite à néant, il faut avoir l'honnêteté de saluer l'excellent jeu qu'il est. Son système de dialogue fait une nouvelle fois des merveilles, la réalisation frôle la perfection, la mise en scène est inspirée, l'univers est d'une richesse et d'une cohérence inouïes tandis que les combats gagnent en punch ce qu'ils perdent en technique. La force tranquille, sans forcer le talent, qui risque de payer davantage puisque les performances commerciales de Mass Effect 2 promettent, dès le démarrage, d'être meilleures que celles du premier jeu. En simplifiant son jeu ce qu'il fallait, EA va donc pouvoir recruter au-delà des frontières des seuls amateurs de jeux de rôles.

Army of Two, une série qui se bonifie

Army of Two 40 DayArmy of Two 40th Day est un exemple plus marquant du renouveau de la politique d'édition d'Electronic Arts. Ou comment insister pour transformer une nouvelle licence assez moyenne en un titre au territoire mieux marqué et au gameplay sauvé par quelques réglages nécessaires. Mal pensé, mal construit, le premier Army of Two ne trouvait le salut qu'en exploitant intelligemment le phénomène naissant de la coopération. Ce nouvel épisode donne à la série la consistance qu'elle méritait. Les critiques ont donc été, à l'évidence, entendues.

Plus rythmé, le déroulé de ce nouvel Army of Two est millimétré. Et le jeu à deux est d'autant plus intéressant que les niveaux sont bien construits. Ajoutez à cela une technique qui a fait d'énormes progrès pour coller à l'air du temps et vous obtenez un jeu qui, bien qu'un peu court et sans trop de charisme, s'impose comme l'une des aventures qui vaut le coup en ce début d'année... ce qui n'est pas chose aisée vu le calendrier chargé. EA a néanmoins réussi à changer son TPS moyen de gamme en un titre qui mérite sa place dans le haut de la production. Un n°2 meilleur que le n°1 en d'autres termes, ce qui est assez paradoxale dans la production actuelle et très rassurant pour le joueur. Voilà qui traduit en tout cas parfaitement le sentiment que nous évoquions, celui d'un suivi qualitatif des produits, que l'on aurait également pu illustrer avec un jeu comme FIFA qui depuis l'édition 08 progresse dans le bon sens. Voilà qui donne forcément envie de voir ce que les studios EA réussiront à faire des suites de Mirror's Edge et de Dead Space.

Dante's Inferno, la nouvelle licence sans prise de risque

Dante InfernoNouvelles licences... Voilà qui offre une transition parfaite vers Dante's Inferno, le jeu EA le moins en vue en ce début d'année, surtout qu'il arrive dans l'ombre du futur God of War III. Il n'empêche que sans trop d'ambitions, Dante's Inferno réussit à proposer une aventure très correcte. Un bon beat'em all, en toute simplicité, ponctué d'excellentes scènes bien cruelles dans la fureur des Enfers. Et si les joueurs habitués au genre n'y verront qu'un repompé peu inspiré de toutes les ficelles du genre, on réussira tout de même à lui trouver de nombreux bons côtés.

Sa rythmique là encore, son déroulé sans heurt, son système d'apprentissage qui permet facilement de faire évoluer son héros, sa bestialité. Bien sûr, dans un genre ressemblant, on préfèrera mille fois jouer à Darksiders en ce début 2010, mais Dante's Inferno assure l'essentiel là où le EA d'il y a cinq ans aurait laissé le jeu sombrer dans la médiocrité à coup sûr. Ici, derrière la répétitivité, la technique fluctuante et le doublage vraiment manqué se cache un jeu tout à fait jouable pour les inconditionnels du genre ou de l'occasion... Comme quoi tout n'est pas perdu.

Dirigisme constant

Toutefois, aussi rassurant soit-il, il serait dommage de terminer ce constat sans évoquer une autre caractéristique commune de tous ces jeux : le dirigisme. Une notion à raison de plus en plus souvent évoquée par la presse spécialisée. Car tous ces jeux, comme une bonne partie de la production, prennent le joueur par la main et le guident sans relâche. C'est sans doute le prix à payer pour avoir le droit de vivre des aventures mieux maîtrisées, mieux mises en scènes, aux caméras mieux travaillées et aux enchaînements flatteurs. Une manière aussi pour les studios d'avoir main mise sur la rythmique de leurs jeux, si importante à l'heure où le jeu vidéo se consomme de plus en plus en mode snack. Américanisé façon entertainment avec un grand « E » diront certains.

Une critique qui n'en est pas forcément une car nous faisons nous mêmes partie de ces joueurs qui ont parfois envie de se laisser porter par le jeu. Mais avec ce qu'il faut de recul, il apparaît comme évident que le dirigisme et la linéarité sont parmi les récentes évolutions les plus préoccupantes du medium. Pourtant, l'entre-deux existe. Aux studios, et à EA en l'occurence, de trouver plus souvent la recette miracle pour que ces jeux d'action/aventure prennent un peu de volume sans toutefois devenir des dédales impénétrables pour casual-gamers. Une simple question de level-design... Croisons les doigts pour les suites de Mirror's Edge et de Dead Space !

Dernières réactions

FeelTheWay - le 09/02/10 à 15:25
Army of Two !!!! RAMPA !!!! VITE !
skyfrager - le 09/02/10 à 16:05
C'est vrai que depuis 2 ans, EA fait de gros efforts. Bien-sure ils nous pondent les vaches a lait traditionnels mais il nous sortent aussi de jolis cadeaux a nous, le gamers. Mirro's Edge et le meilleur exemple. Meme s'il n'etait pas extra, j'ai bien aime Ao2 1er du nom.
Continuez EA, ca fait plaisir.
FeelTheWay - le 09/02/10 à 16:37
C'est clair que Ao2 était énorme, on s'est éclaté avec Rampa. Surtout avec les armes de merdes genre Gatling

Ao22 va etre jouissif !
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