Medal of Honor, aussi, fera sa guerre moderne

Publié le 16 mars 2010, , par Mathieu CHARTIER - mis à jour le 18 mars 2010 à: 16h - dans Multi - Mots clés : fps, Electronic Arts

Medal of Honor se réinvente sur fond de conflit afghan. Voici – en condensé – ce qu'il faut retenir pour l'instant.

Medal of Honor (3)Medal of Honor, Call of Duty : même combat ? Pas exactement, même si – à l'évidence – ces deux séries seront toujours liées. Pour preuve, alors que l'on reparle des débuts de Medal of Honor auxquels ont participé les deux responsables créatifs de Modern Warfare licenciés par Activision, le FPS guerrier d'Electronic Arts revient sur le devant de la scène en abandonnant la Seconde Guerre Mondiale pour un conflit moderne comme l'a fait avant lui Call of Duty.

Pour présenter son bébé, Electronic Arts a envoyé Richard Farrelly braver le froid parisien. Le directeur artistique du jeu, débauché chez Treyarch, autre studio en charge des épisodes de la série Call of Duty restés en 39/45.  La boucle bouclée ? En quelques sortes. Cependant, Electronic Arts a tenu à nous faire savoir que ce nouveau Medal of Honor, même s'il se déroulerait dans un environnement actuel, veillerait à conserver l'identité de la série définie comme étant le réalisme à toute épreuve. C'est pourquoi ce nouvel épisode nous plongera dans le quotidien d'un groupe de soldats qui affrontent les Talibans en Afghanistan.

Le parti pris de ce nouveau Medal of Honor ? Plonger le joueur dans le quotidien d'un bataillon d'élite, baptisé Tier 1. Un groupuscule de soldats baroudeurs hyper-entraînés qui, dans l'ombre, sur le terrain, lors de missions Top Secrètes, peuvent changer le cours d'une guerre. Pour concevoir le jeu, Electronic Arts a rencontré deux de ces soldats qui, depuis plusieurs années, conduisent des missions secrètes en Afghanistan. De longs entretiens qui ont été très bénéfiques aux développeurs, comme le confesse Richard Farrelly : « Nous voulions faire un jeu hyper-réaliste. Il nous fallait donc savoir comment les choses se passent là-bas, en Afghanistan, et savoir comment opèrent les super-soldats qui sont au cœur du jeu. Plusieurs entretiens avec ces unités d'élites ont été menés. Des rencontres très sécurisées au cours desquelles nous avons appris beaucoup de choses, pris des tonnes de notes, et grâce à cela, nous pouvons travailler dans le bon sens pour Medal of Honor (…) Nous n'avons plus à imaginer le quotidien de ces soldats, puisque nous le connaissons désormais. »

Medal of Honor (2) Medal of Honor (1)

Bien sûr, une fois plongé dans la seule et unique mission que nous avons pu voir pour le moment, cette authenticité se retrouve. Déjà, les soldats communiquent énormément entre-eux, par oreillette, pour savoir comment se positionner, recevoir les ordres, etc. Et si l'escouade évoluait dans des environnements plutôt bien délimités, cela ne l'empêche pas de toujours chercher à prendre l'ennemi par surprise et à trouver des positions favorables. Medal of Honor s'oppose donc au concept de Rush permanent qui caractérise finalement assez bien le rival Call of Duty. A plusieurs reprises, il faut être patient, disparaître derrière un élément du décors pour laisser une patrouille ennemie progresser, et décider de refermer le piège au moment opportun. Dans un flash, quelques coups de fusils sont tirés, presque de concert, et les ennemis heurtent le sol dans un même dernier souffle. Les soldats de la Tier 1 ne regardent même pas, et reprennent leur progression avec pour seul objectif de mener à bien la mission qui leur a été confiée.

Dans un flash, quelques coups de fusils sont tirés, presque de concert, et les ennemis heurtent le sol dans un même dernier souffle

Reste que l'on s'attendait à ce que ces détails qui promettent de faire la différence avec un Call of Duty soient plus marqués. Car pour le reste, le jeu se rapproche énormément du titre d'Infinity Ward. Les plus gros échanges armés sentent le script à plein nez, la mise en scène tient un place prépondérante et le jeu sera émaillé de passages véhiculés. De la même manière, on aurait pu penser que la partie stratégique laisserait au joueur dire son mot, et que de telles options seraient intégrées au gameplay. Visiblement, ce n'est pas le cas, et le joueur, soldat comme ceux qui l'entourent, sera plutôt là pour obéir et dézinguer, plutôt que d'avoir à triturer le D-Pad pour ordonner un regroupement ou déclencher la foudre en autorisant le feu.

Reste une inconnue, qui pourrait finalement donner à ce Medal of Honor toute sa saveur. Même si nous ne nous faisons pas trop d'illusions, il est légitime de penser qu'en se focalisant sur l'Afghanistan comme terrain de jeu, Electronic Arts – en soif de réalisme – prendra soin de modéliser parfaitement les environs et laisser au joueur une liberté de mouvement intéressante. Malheureusement, quand on voit à quel point le script semble être ici implémenté, mieux vaut ne pas y penser. Espérons donc simplement que le scénario servira un point de vue intéressant (décalé ?) sur le conflit afghan en utilisant les travailleurs de l'ombre du Tier 1. Car même si la réalisation promet d'être Hollywoodienne, avec un moteur qui assure déjà le spectacle, voilà une nouvelle occasion pour le jeu de sortir des sentiers battus et de marquer les esprits là où – dans le discours – Modern Warfare agace. Pas sûr que ce soit l'ambition d'EA avec cette nouvelle orientation pour Medal of Honor, mais l'espoir est permis.

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