Metro 2033 : l'apocalypse par les Soviets. Primitif et immersif.

Publié le 19 mars 2010, , par Mathieu CHARTIER - mis à jour le 22 mars 2010 à: 15h - dans Multi - Mots clés : THQ, fps, Xbox 360, PC

En résumé, Metro 2033 pourrait être qualifié de Stalker sur rails. Mais en revoyant la narration, et la progression, les ex-développeurs de chez GSC réussissent à générer autre chose, de l'immersion et davantage de pression...

Si Metro 2033 a la même odeur de souffre que Stalker, ce n'est pas une coïncidence. Son développeur ukrainien, 4A Games, a en effet été fondé par un groupe d'anciens de chez GSC. Pourtant, au-delà de l'ambiance et excepté quelques mécaniques de gameplay partagées, les deux titres n'ont finalement pas grand chose en commun, et surtout pas leur conception. Ainsi, si Stalker lâchait le joueur et sa boussole dans la nature avec son aire de jeu ouverte, Metro 2033 est construit comme un bon vieux Call of Duty, leader des très en vogue FPS mijotés façon scripts/couloirs. Ce qui n'empêche toutefois pas 4A Games de mettre en place un environnement de jeu extrêmement riche, chacune des stations du métro moscovite s'étant transformée en refuge de l'humanité après l'apocalypse nucléaire. Un univers d'autant plus flippant que le livre dont est tiré Metro 2033 s'inspire lui-même de faits bien réels pour construire sa vision de l'horreur, le métro de Moscou étant l'abri anti-atomique civil le plus vaste du monde. Véritable berceau d'une nouvelle humanité devenue espèce menacée. Une horreur à laquelle rajoute le parti-pris de Metro 2033 d'utiliser des apparitions hallucinatoires qui, pour le coup, font étrangement remonter des souvenirs de FEAR, et sont utilisées par le jeu pour représenter une nouvelle menace pour ces habitants des bas-fonds : des créatures capables de prendre le contrôle psychique de leurs victimes.

Metro 2033 (2) Metro 2033 (1)

Là où, en revanche, Metro 2033 rappelle Stalker, c'est qu'il développe la même idée de la survie en milieu hostile, face à des créatures difformes effrayantes et agressives, attirées par la lumière et le bruit. Par exemple, les munitions (qui servent également de monnaie dans le jeu) sont assez rares et forcent à flinguer à l'économie. Ce qui est d'autant plus compliqué que se dégage de la plupart des armes l'impression de tirer avec de vieilles breloques imprécises. L'aspect Survival profite donc à plein de ces choix, comme du fait qu'il faille pomper sa propre énergie pour alimenter sa lampe torche ou veiller à remplacer régulièrement le filtre de son masque à gaz dans les zones irrespirables. Un masque à gaz qui, en plus, se dégrade à mesure que l'on encaisse des coups et qu'il faudra donc souvent changer en fouillant les cadavres croisés en chemin, espérant en même temps tomber sur un chargeur plein.

En refusant le sensationnalisme, Metro 2033 a tout compris...

Ainsi, Metro 2033 développe chez le joueur un sentiment d'insécurité permanente et de détresse régulière, ce qui enrichit avec beaucoup d'efficacité un gameplay par ailleurs galvaudé. Alors certes, il faut aimer batailler avec un shooter dont le pan action n'est pas évident en terme de maniabilité, mais cela a le mérite de porter l'intérêt du jeu ailleurs, dans l'immersion. A ce niveau, il faut avouer que 4A Games se débrouille plutôt bien avec un univers d'une cohérence rare. Si Artyom, notre héros, manque cruellement de charisme, Metro 2033 compense avec son métro lugubre, son bestiaire infect, sa bande-son disponible en russe sous-titré et ses ruines nauséabondes à la surface. Ainsi, même si rien ne nous oblige vraiment à déambuler dans les stations à part pour suivre la trame ou faire du troc dans les boutiques, on se laissera forcément happer par les dialogues de fond où l'on surprend un enfant rêver d'un ciel bleu qu'il n'a jamais vu, ou des ivrognes regretter d'avoir vu l'Homme détruire sa propre planète.

Metro 2033 (3)

Metro 2033 n'est donc pas un FPS futile, mais au contraire un titre très réfléchi dans le moindre de ses aspects. Mieux que personne ces développeurs russes réussissent à livrer une vision presque tangible de l'apocalypse, et à s'approprier la fiction de Dmitry Glukhovsky sans tomber ni dans l'exagération, ni dans la fausseté. On y croit, tout simplement, et c'est là la principale force d'un jeu qui, par ailleurs, reste assez symptomatique du genre avec son level-design conventionnel, sa grosse dizaine d'heures de jeu (sans multi, ni rejouabilité), son moteur à l'optimisation douteuse, son IA moyen de gamme, ses interactions quasi-nulles et ses scripts un peu trop flagrants. Reste qu'en refusant le sensationnalisme, Metro 2033 a tout compris. Et l'on se retrouve pris au piège, comme claustrophobe, le souffle rauque d'Artyom et son masque dans les oreilles. La peur au ventre, à vérifier le niveau d'air de son fusil pneumatique avant de subir le nouvel assaut d'un rôdeur dont les yeux s'ouvrent dans un coin sombre... Trippant !

Dernières réactions

FeelTheWay - ( 3 approbations ) - le 20/03/10 à 10:22
Ouaih enfin comme vous dites :

avec son level-design conventionnel, sa grosse dizaine d'heures de jeu (sans multi, ni rejouabilité), son moteur à l'optimisation douteuse, son IA moyen de gamme, ses interactions quasi-nulles et ses scripts un peu trop flagrants


Ca fait cher le jeu :-/
ChatNoir - ( 2 approbations ) - le 22/03/10 à 09:06
Déjà, des FPS avec une méga durée de vie, ça ne court pas les rues.
Alors si des développeurs font l'effort de faire quelque chose d'original sortant du pré-digéré et déjà vu 50 fois, il faut peut-être leur donner leur chance aussi imparfait que soit leur jeu.
FeelTheWay - le 22/03/10 à 10:33
la durée de vie n'est pas le problème principal ... mais l'ensemble de tous les problèmes ...

je suis fan de l'univers post-apo mais faut pas pousser mémé dans les orties :o
Vous n'êtes pas identifié

Pour participer à la discussion, vous devez vous identifier ou vous inscrire si n'avez pas encore de compte sur l'un de nos sites.

  • Tout
  • Hi-Tech
  • Matériel
  • Mac
  • Jeux

Actualités

Les plus commentés

Telex