Singularity : bonnes idées mais manque d'ambition

Publié le 20 juillet 2010, , par Mathieu CHARTIER - mis à jour le 22 juillet 2010 à: 08h - dans Multi - Mots clés : fps, Raven Software, Activision

Après le très moyen Wolfenstein, Raven Software avait une opportunité en or de se racheter et même de se montrer avec Singularity. Si les idées et l'envie de bien faire sont présentes, le jeu manque quand même cruellement d'envergure.

Au départ, Singularity, c'est pas mal de bonnes idées, autant de bonnes intentions, le tout complété par quelques inspirations à peine camouflées chez les derniers modèles d'un genre, le FPS. Avec Raven Software aux commandes, plutôt constant dans ses performances (certes relatives) sur des titres à licences, il y avait tout – sur le papier – pour que Singularity devienne le jeu qui donnerait au studio son image. Pourtant au final, si l'expérience Singularity s'impose comme valable pour les grands amateurs de shooters qui se sentiraient délaissés en cette période estivale, elle n'invente ni ne transcende finalement rien, et tombe même parfois par séquences dans les travers d'une production qui, avec l'espoir de bien faire, n'assume pas les risques qu'elle aurait pu prendre.

Pesant

Sans parler de la longueur de la campagne solo qui aurait mérité quelques chapitres supplémentaires, ce sont les mécaniques, les errements, les combats parfois soporifiques ou les limites du système temporel qui nous poussent à discréditer Singularity dans son rôle de grand FPS horrifique. Ce qui est d'autant plus dommage qu'à côté de cela, Raven Software a bien négocié des pans de son jeu qui étaient a priori plus délicats à manœuvrer. Dans l'atmosphère d'abord, où installer lourdeurs, craintes et angoisses n'est jamais aisé. Mais en travaillant le rythme et en assurant trois premières heures de jeu en crescendo, Raven Software réussit à installer le joueur dans un cocon lugubre et inquiétant dont, étrangement, il est dur de sortir. Difficile à expliquer dans la mesure où l'écriture du jeu n'a rien d'incroyable et où les effets scénaristiques déployés sentent la poussière. Les personnages ne sont pas non plus inoubliables, mais c'est sans doute l'île mystérieuse, Katorga 12 et ses ruines de recherches russes, qui exerce son attraction.

Singularity (4) Singularity (3)

A mi-chemin entre trip scientifique et relents paranormaux, Singularity s'appuie sur des faits réels et joue assez habilement avec notre imaginaire. Ce qui pousse à y croire, au moins un peu. Ce qui pousse aussi à poursuivre l'aventure. Mais malheureusement, si l'ambiance fait mouche et que l'on se laisse happer, c'est pour mieux se rendre compte que, dans le fond de jeu, Raven Software ne propose rien de réellement intéressant. Et l'on a beau miser sur l'influence de l'E99, matière extrêmement puissante mais hautement instable au cœur des événements tragiques de Katorga 12, ainsi que sur les idées tournant autour de la manipulation temporelle, on finit par tourner un peu en rond en répétant des phases d'action sans grand intérêt.

Superficiel

A l'évidence, les amateurs de shooters seront forcément un peu déçus, mais ceux qui seraient venus dans l'idée de plonger dans une ambiance pesante et d'apprécier une trame plaisante correctement mise en scène devraient apprécier. Pourtant, l'utilisation du gant promettait bien mieux. Dans un monde plus ouvert, moins scripté, fermé et rigide, cette idée aurait clairement pu transformer Singularity en une très belle surprise. Mais voilà, en manipulant le temps, on ne fait que pulvériser quelques ennemis ou ouvrir des failles spatio-temporelles aux emplacements prévus par le déroulement du jeu. Rien d'autre. Rien qui ne permette de s'amuser avec ce qui n'est finalement qu'un simple gimmick.

Singularity (2) Singularity (1)

Plus que le manque de rigueur des scènes d'action avares en sensations flingues en mains, on touche là à la principale déception de Singularity qui, finalement, est loin de s'imposer comme une nouvelle référence du shooter flippant. En fait, Singularity manque d'ambition, et ça se ressent cruellement. Constamment sur la réserve, trop étriqué, trop imprécis, trop timide, Singularity n'arrive pas non plus à véhiculer une image du minimalisme qui fasse ses preuves comme l'ont pourtant réussi récemment d'autres jeux, Metro 2033 par exemple. Et puis malgré son envie criante d'y ressembler, n'est pas BioShock qui veut...

Dernières réactions

scarachanga - le 20/07/10 à 16:55
Oui j'etais tente par ce jeu jusqu a la sortie du test de JV.com ou il montre bien que malgre une histoire qui tient la route, le jeu est trop facile et pas assez approfondie dans son ensemble.

Dommage.

Next!
FeelTheWay - ( 1 approbation ) - le 21/07/10 à 09:10
Je commence à en avoir marre des tests qui mettent sur le papier Bioshock comme exemple.

Bioshock avait certes une ambiance très originale, un gameplay bien étudié. Mais il était tout aussi répétitif, et surtout une histoire qui se barre en vrille et devient carrément merdique vers la fin.

Alors oui c'était un bon FPS, mais de la à le remettre sur le tapis avec un jeu qui n'a rien à voir :-/

J'ai bien aimé le début de singularity mais les pouvoirs sont marrants 2 min mais gavent très vite au bout d'un moment quand il est aussi simple de shooter avec un flingue qu'avec le décor.

Le problème de ce jeu est l'ambiance qui sent le réchauffé et qui me rappelle plus Timeshift niveau décor et gestion du temps mélangé à du Wolfenstein dans la mise en place de l'ambiance..

Au final un jeu qui n'a plus grand chose d'original et qui s'essouffle vite comme beaucoup de FPS dernièrement.

C'est le énième FPS qui sort qui nous fait dire ça ce qui donne l'impression que soit on devient blasé des FPS, soit le genre FPS est en voix de disparition.

C'est peut être un peu des 2 ou alors c'est carrément autre chose : La coopération.

Le jeu vidéo a évolué vers un modèle multijoueur sur tous les points. Ce n'est plus du 4v4 ou 8v8 mais minimum 16v16. Le solo n'est plus du solo mais du coop à 2 voir à 4. Avec un taux de connexion très élevé dans les foyers. Il est pas compliqué de trouver quelqu'un pour faire de la coopération.

les RTS se sont mis au Coop, les TPS se sont mis au coop la liste est longue malheureusement le FPS est trop frileux encore de côté la.

Borderlands est le meilleur exemple du FPS qui a tout compris. Des graphismes qui changent de l'ordinaire, un monde qui change de l'ordinaire (à part Fallout y a pas grand chose en terme ambiance mad max), une gestion des armes moins conventionnelle et surtout un putain de mode COOP qui fout la honte à pas mal d'autres jeux.

Le FPS doit faire sa propre révolution, en mélangeant les genres FPS/H&S ou FPS/RTS ce n'est pas en remplaçant 5 armes d'un FPS par des pouvoirs que ça change le gameplay ... (bioshock ... 3 armes 5 pouvoirs et tout le monde bande bravo ... Quake 4 était plus évolué de ce côté la ...)

Enfin bref ça serait intéressant de faire un article sur le genre FPS qui n'arrive pas à se plier à la nouvelle génération de jeux.
SuperDuduj - le 21/07/10 à 09:26
C'est moi ou les monstres ont tous exactement le même skin ? Si c'est censé être des "gens" différents ils auraient pu varier les vetements et les effet de déchirure. Là ce sont tous des clones.
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