C'est l'histoire de StarCraft...

Publié le 27 juillet 2010, , par Mathieu Chartier - mis à jour le 30 juillet 2010 à: 15h - dans PC - Mots clés : StarCraft

12 ans après la sortie de StarCraft. 3 ans après son annonce officielle. StarCraft II est enfin à portée de main et régale aujourd'hui des centaines de milliers de fans dans le monde. Cela valait bien une petite rétrospective...

Pour comprendre le phénomène StarCraft, il est nécessaire de revenir aux fondements de la série. Comme pour Wings of Liberty, le lancement du premier StarCraft s'est fait au printemps 1998 dans une atmosphère électrique autour de fans excités. C'est d'abord grâce à l'énorme succès qu'avait connu Warcraft II que les fans ont nourri une attente démesurée pour le RTS de science-fiction de Blizzard. Des attentes qui furent pour certaines comblées, et pour d'autres dépassées. StarCraft avait à l'époque reçu de très bonnes critiques et avait été élu jeu de l'année par de nombreux magazines. Il n'a donc pas fallu longtemps pour que la popularité de StarCraft s'envole et pour que la licence soit victime de son succès. En effet, voraces, les joueurs ont rapidement demandé la création de nouveaux contenus mais, malheureusement, Blizzard – pourtant toujours très prudent au moment de sortir de nouveaux jeux – a confié à un studio externe le développement de missions solo et d'éléments multi. Résultat, Insurrection : Campaigns conçu par le défunt Aztech New Media et sorti dans le courant de l'été 1998, est sévèrement critiqué dans la presse, jugé indigne d'un jeu comme StarCraft et témoignant d'un manque de professionnalisme. Il faut dire que Blizzard était au travail sur Brood War, premier add-on officiel, si bien qu'un second add-on baptisé Retribution et conçu par WizardWorks Software sort en toute fin d'année 1998. Mieux accepté, ce contenu additionnel n'est jugé que passable par beaucoup de joueurs mais leur suffira à patienter avant la sortie, en 1999, de Brood War, véritable premier ajout officiel qui est rapidement devenu mythique. Nouvelles campagnes, nouvelles musiques, nouvelles unités pour chaque race, améliorations des unités et des bâtiments... La folie StarCraft explose une nouvelle fois, renouvelant le succès du jeu comme à ses premiers jours.


La licence remise sur pied, Blizzard croit bon de profiter de l'engouement autour de StarCraft pour tenter une approche du marché des consoles en concevant un portage du RTS sur Nintendo 64. Fidèle à sa réputation, Blizzard fait les choses avec le sérieux qui caractérise ses productions, si bien que cette version N64 est assez bien accueillie par la presse qui remarque les efforts faits pour s'adapter à une plateforme tout sauf faite pour accueillir un jeu de stratégie aussi dynamique. En effet, les limites techniques de la plateforme de Nintendo se font clairement sentir dans l'affichage, tandis que la prise en main pourtant travaillée à la manette n'a rien à voir, en terme de sensations et de précision, avec celle offerte par un couple clavier/souris. Il n'empêche que quelques années plus tard, Blizzard pense à attaquer différemment le marché consoles avec StarCraft Ghost, un jeu d'action/infiltration à la troisième personne exploitant la licence StarCraft mais totalement pensé pour une expérience à la manette. Après de nombreux reports, le jeu finit par être annulé. Toujours en pause, StarCraft Ghost n'avait pas suffisamment avancé pour que Blizzard continue à lui accorder des crédits. Mais les vraies raisons de l'annulation du projet restent à ce jour inconnues. Blizzard peut alors, entres autres projets, reporter son attention sur la marque StarCraft sous un œil différent, et c'est à peu près à cette époque qu'est mis en chantier StarCraft II !

Puis les années passent, mais la longévité de StarCraft impressionne et la base de joueurs actifs reste bien au-dessus de la moyenne de nombreux jeux pourtant plus récents. Dans le monde entier, StarCraft : Brood War devient un incontournable de toute LAN Party et l'essor des salles de jeu en réseau, comme celui des compétitions de sport électronique, contribuent à maintenir l'engouement autour du jeu. Il faut dire que Battle.net, l'interface en ligne pensée par Blizzard est un coup de maître, généralisant le concept des ladders et des filtres pour parties. Des outils qui permettent la formation d'une vraie communauté en ligne. Évidemment, à ce moment là du cycle de vie de StarCraft, impossible de ne pas évoquer l'incroyable succès du jeu en Corée du Sud où il s'impose comme une vraie religion pour beaucoup de gens, avec des émissions qui lui sont consacrées en prime-time et des joueurs qui deviennent de vraies légendes. Une obsession nationale qui génère beaucoup d'argent avec ses produits dérivés, sa ligue, sa chaîne de télévision...

Jusqu'à ce que Warcraft III ne sorte dans le commerce en 2002, la popularité de StarCraft n'est pas du tout menacée. Mais même une fois le nouveau jeu de stratégie de Blizzard lancé, les fans de RTS restent globalement fidèles à StarCraft, jouant souvent aux deux jeux par alternance. Il n'empêche que Blizzard, cinq années plus tard, le 19 mai 2007, décide de relancer sa licence sur le déclin auprès du grand-public avec un nouveau jeu : StarCraft II est annoncé dans la folie ambiante du Blizzard Worldwide Invitational de Séoul, dans le berceau de la culture StarCraft. Mais Blizzard n'avait pas lâché toutes les informations d'un seul coup, prenant le soin de tenir en haleine les fans dans son processus de communication qui accompagnerait les dernières années de développement du jeu. Trois ans à faire patienter les fans, ce n'est pas chose aisée, mais Blizzard est parvenu a conserver l'engouement autour de StarCraft II avec intelligence, distillant vidéos et images au compte goutte... Mais aussi en précisant en 2008 que la campagne de StarCraft II sortirait en trois parties, chacune s'intéressant à une race précise à commencer par les Terrans avec Wings of Liberty. C'est plus délicatement qu'en juin 2009, Rob Pardo annonce que le jeu ne proposerait pas de mode LAN et serait uniquement jouable en ligne, ce qui a eu le don d'agacer une bonne partie des fans. Cependant, faites suffisamment en amont de la sortie du jeu, l'annonce de cette mauvaise nouvelle (toujours incomprise par certains) a eu le temps d'être digérée par les amateurs de la licence du monde entier qui ont répondu présent pour ce lancement. Des fans auxquels Blizzard a fini par expliquer que le lancement d'un Battle.net 2.0, pierre angulaire de StarCraft II et des autres futurs projets du studio, était aussi une mesure anti-piratage. L'idée ayant malheureusement depuis fait le tour d'autres éditeurs de jeux vidéo.

Enfin, dans l'attente finale, alors que les pré-réservations sont lancées par les marchands, Blizzard met en place la fameuse phase de bêta permettant aux joueurs d'avoir un avant-goût, même partiel, du jeu final. C'est une réussite et la bêta de StarCraft II a réellement revigoré l'engouement autour du jeu les mois précédant sa sortie. StarCraft II est désormais dans le commerce et a connu des lancements survoltés partout dans le monde comme en France sur les Champs-Elysées où les fans étaient nombreux hier soir pour venir chercher leur version collector dédicacée. Le dernier gros lancement de jeu Blizzard remontait il est vrai à 2004 pour World of Warcraft, si l'on considère le lancement des add-ons du MMORPG comme secondaires, et le prochain gros lancement devrait être celui de Diablo 3 qui génèrera à coup sûr une folie toute aussi communicative. L'heure est donc aujourd'hui au soulagement, « It's about damn time » disait le Marine dans le trailer d'annonce de StarCraft II. Maintenant, place au jeu.

Capcom veut produire plus de jeux, plus vite   Quand Valve fait une erreur, il dédommage...

Dernières réactions

Regulateur - le 27/07/10 à 17:25
ET le prochain article pour bientôt, j'espère:

"C'est l'histoire de DIABLO III..."
Chris - ( 1 approbation ) - le 27/07/10 à 17:32
Et j'ai hâte... wink
scarachanga - ( 4 approbations ) - le 27/07/10 à 19:44
Franchement c'est le mode LAN party non inclue dans ce RTS mythique( faut dire c'est un comble de ne pas proposer une telle chose pour un RTS) qui m'a fais faire marche arriere dans l'achat de ce jeu qui avait l'air tres interessant sur le papier.

Dommage quoi, car un peu marre de toute ces mesure anti pirate( comme si blizzard n'etait pas la croulant sous sa tonne de frics).
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