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UK : le BBFC interdit Manhunt 2
Par : Christophe Collet
19 Juin 2007 -
Etonnant comme le hasard fait bien les choses en matière d'actualité vidéoludique. Nous revenions en début de journée sur quelques visuels de Manhunt 2 diffusés par les équipes de Rockstar London afin de remettre ce futur volet sur le devant de la scène, avant sa sortie programmée pour l'été 2007 sur PSP, PS2 et Wii. Des visuels finalement plutôt insignifiants et sans grand intérêt ("des images par ailleurs assez classiques, qui montrent en tout cas que la réalisation graphique du titre sera proche de celle du premier volet, un zest de finesse en plus") mais qui permettaient de faire le point sur un jeu qui a par ailleurs commencé à défrayer la chronique bien avant sa sortie, notamment concernant sa future sortie sur Wii (cf. la fameuse déclaration du DG de Nintendo France déja reprise dans nos colonnes en début de journée : ""Ce jeu constituera une anomalie au catalogue de la Wii. Il est à des années lumières du positionnement de notre console. [...] Nous ne pouvons interdire la commercialisation d'un jeu, cela pourrait constituer une atteinte à la réglementation sur la concurrence. Mais je ne vous cache pas notre incompréhension quant à la décision de Take-Two Interactive de proposer ce jeu sur la plate-forme Wii"). Bref, un jeu bel et bien signé Rockstar, avec tout ce que cela comporte de polémiques plus ou moins fondées avant même son arrivée sur notre vieux continent...
Or il se trouve que justement, Manhunt 2 ne sortira pas sur l'ensemble du territoire européen, puisque l'on vient d'apprendre (ô bonheur de la coïncidence) que le titre de Rockstar vient d'être interdit sur le sol britannique par l'organisme de classification, le BBFC (British Board of Film Classification). Un organisme de contrôle qui nous avait habitué à une certaine retenue dans son appréciation, comme en témoignait son positionnement assez souple au moment de la sortie de Dead Rising sur X360, l'été dernier. Ce dont l'avaient alors félicité certains confrères britanniques : "le conservatisme grandissant de certains organismes de classification (en Allemagne, mais aussi en Australie et aux USA notamment) fait s'interroger l'auteur d'un petit article plutôt bien rédigé sur le site Gamesindustry.biz. Plus précisemment, l'auteur se félicite que l'organisme britannique de classification (le British Board of Film Classification, ou BBFC) ait décidé d'adopter une position plus 'responsabilisante' à l'égard des consommateurs. Se faisant, le BBFC reconnaît la maturité du jeu vidéo [...] et montre l'évolution de la perception du jeu vidéo en Grande-Bretagne". De fait, il faut rappeler que la dernière interdiction d'un jeu par le BBFC date de 1997 avec le titre Carmageddon, et que cet organisme avait aussi fait preuve d'une relative souplesse avec de récents titres à polémique, comme Canis Canem Edit (encore Rockstar), ou justement Dead Rising. La question qui se pose est donc la suivante : mais qu'est-ce qui a bien pu pousser le BBFC à interdire la commercialisation du futur Manhunt 2 sur le sol britannique ?
Une première piste pourrait être d'origine politique. Certains observareurs rappellent qu'en 2004, une vive polémique avait enflé autour de la mort du jeune Stefan Pakeerah, son meurtrier à l'époque étant manifestement "obsédé" par le premier volet paru sur PS2, Manhunt. Une polémique comme seule la presse britannique est capable d'en créer, d'autant qu'il avait ensuite été démontré que c'est la victime qui avait possédé le jeu Manhunt, et non son agresseur. Mais le débat n'en avait pas été moins vif pour autant autour de la violence véhiculée par le jeu. Une interdiction préventive en 2007, donc ? "Trop simple", réplique le porte-parole du BBFC, qui affirme que "cette affaire n'a absolument pas influencé la décision prise par le BBFC d'interdire Manhunt 2. [...] Nous sommes un organisme fonctionnant indépendamment de l'industrie et du gouvernement. Nous prenons nos décisions en fonction de ce qui nous semble juste, et rien d'autre ne vient interférer". Bien. Mais alors la question reste posée : pourquoi interdire le jeu ?
Finalement, il ne semble pas plus stupide de poser directement la question aux principaux intéressés, à savoir les responsables du British Board of Film Classification, le fameux BBFC. Qui fournit évidemment une réponse : "Manhunt 2 se distingue des autres jeux par une cruauté ininterrompue et un climat de violence constant qui encourage la perpétration de meurtres sadiques sans discernement ni recul. [...] Il y a une forme de sadisme dans la manière dont les meurtres doivent être commis, qui est totalement encouragée par le jeu". Voilà qui a le mérite d'être clair. Autrement dit, le jeu se révèle - selon le BBFC - autrement plus brutal que son aîné, et ne peut en l'état être commercialisé sur le sol britannique, même catalogué +18. Evidemment, on pourrait se demander pourquoi le BBFC ne demande pas aux développeurs d'effectuer des coupes et des ajustements dans son titre pour le marché britannique, comme cela a pu se faire en d'autres occasions. "Impossible", selon le BBFC : "Nous avons évidemment considéré cette éventualité, mais dans le cas de Manhunt 2 la violence est tellement constante qu'il est impossible de procéder au moindre ajustement". Tout semble donc limpide, même si une fois encore ce sont les joueurs qui y perdent le plus. D'autant que malgré les explications claires du BBFC concernant cette interdiction, il est frappant de constater l'immédiate réaction du directeur général de l'ELSPA (Entertainment & Leisure Software Publishers Association), un Paul Jackson qui se félicite du fait que "nous avons un organisme de classification qui fonctionne, et qui fonctionne bien". Comme si cette décision tombait tout de même à pic pour montrer qu'on n'autorise pas tout au jeu vidéo, précisément quelques jours après l'affaire opposant Sony et l'Eglise Anglicane autour de Resistance sur PS3. Plus politique qu'il n'y paraît ?
Or il se trouve que justement, Manhunt 2 ne sortira pas sur l'ensemble du territoire européen, puisque l'on vient d'apprendre (ô bonheur de la coïncidence) que le titre de Rockstar vient d'être interdit sur le sol britannique par l'organisme de classification, le BBFC (British Board of Film Classification). Un organisme de contrôle qui nous avait habitué à une certaine retenue dans son appréciation, comme en témoignait son positionnement assez souple au moment de la sortie de Dead Rising sur X360, l'été dernier. Ce dont l'avaient alors félicité certains confrères britanniques : "le conservatisme grandissant de certains organismes de classification (en Allemagne, mais aussi en Australie et aux USA notamment) fait s'interroger l'auteur d'un petit article plutôt bien rédigé sur le site Gamesindustry.biz. Plus précisemment, l'auteur se félicite que l'organisme britannique de classification (le British Board of Film Classification, ou BBFC) ait décidé d'adopter une position plus 'responsabilisante' à l'égard des consommateurs. Se faisant, le BBFC reconnaît la maturité du jeu vidéo [...] et montre l'évolution de la perception du jeu vidéo en Grande-Bretagne". De fait, il faut rappeler que la dernière interdiction d'un jeu par le BBFC date de 1997 avec le titre Carmageddon, et que cet organisme avait aussi fait preuve d'une relative souplesse avec de récents titres à polémique, comme Canis Canem Edit (encore Rockstar), ou justement Dead Rising. La question qui se pose est donc la suivante : mais qu'est-ce qui a bien pu pousser le BBFC à interdire la commercialisation du futur Manhunt 2 sur le sol britannique ?
Manhunt 2 se distingue des autres jeux par une cruauté ininterrompue et un climat de violence constant qui encourage la perpétration de meurtres sadiques sans discernement ni recul", explique le BBFC...
Une première piste pourrait être d'origine politique. Certains observareurs rappellent qu'en 2004, une vive polémique avait enflé autour de la mort du jeune Stefan Pakeerah, son meurtrier à l'époque étant manifestement "obsédé" par le premier volet paru sur PS2, Manhunt. Une polémique comme seule la presse britannique est capable d'en créer, d'autant qu'il avait ensuite été démontré que c'est la victime qui avait possédé le jeu Manhunt, et non son agresseur. Mais le débat n'en avait pas été moins vif pour autant autour de la violence véhiculée par le jeu. Une interdiction préventive en 2007, donc ? "Trop simple", réplique le porte-parole du BBFC, qui affirme que "cette affaire n'a absolument pas influencé la décision prise par le BBFC d'interdire Manhunt 2. [...] Nous sommes un organisme fonctionnant indépendamment de l'industrie et du gouvernement. Nous prenons nos décisions en fonction de ce qui nous semble juste, et rien d'autre ne vient interférer". Bien. Mais alors la question reste posée : pourquoi interdire le jeu ?
Finalement, il ne semble pas plus stupide de poser directement la question aux principaux intéressés, à savoir les responsables du British Board of Film Classification, le fameux BBFC. Qui fournit évidemment une réponse : "Manhunt 2 se distingue des autres jeux par une cruauté ininterrompue et un climat de violence constant qui encourage la perpétration de meurtres sadiques sans discernement ni recul. [...] Il y a une forme de sadisme dans la manière dont les meurtres doivent être commis, qui est totalement encouragée par le jeu". Voilà qui a le mérite d'être clair. Autrement dit, le jeu se révèle - selon le BBFC - autrement plus brutal que son aîné, et ne peut en l'état être commercialisé sur le sol britannique, même catalogué +18. Evidemment, on pourrait se demander pourquoi le BBFC ne demande pas aux développeurs d'effectuer des coupes et des ajustements dans son titre pour le marché britannique, comme cela a pu se faire en d'autres occasions. "Impossible", selon le BBFC : "Nous avons évidemment considéré cette éventualité, mais dans le cas de Manhunt 2 la violence est tellement constante qu'il est impossible de procéder au moindre ajustement". Tout semble donc limpide, même si une fois encore ce sont les joueurs qui y perdent le plus. D'autant que malgré les explications claires du BBFC concernant cette interdiction, il est frappant de constater l'immédiate réaction du directeur général de l'ELSPA (Entertainment & Leisure Software Publishers Association), un Paul Jackson qui se félicite du fait que "nous avons un organisme de classification qui fonctionne, et qui fonctionne bien". Comme si cette décision tombait tout de même à pic pour montrer qu'on n'autorise pas tout au jeu vidéo, précisément quelques jours après l'affaire opposant Sony et l'Eglise Anglicane autour de Resistance sur PS3. Plus politique qu'il n'y paraît ?
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