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Philippe Corrot, pour SplitGames


Par : Mathieu Chartier
20 Juin 2007 -  Le jeu vidéo n'a jamais vraiment été un loisir très accessible d'un point de vue financier. Il y a des décennies déjà, les cartouches de jeux s'échangaient contre plusieurs centaines de francs et aujourd'hui, la nouvelle génération (et ses coûts de développement faramineux) se ressent surtout pour le porte-monnaie du joueur via un ticket de caisse plus élevé. De tous temps, les joueurs ont donc cherché à jouer "pas cher" et nombreux sont les industriels du secteur à avoir imaginé concepts et services leur permettant de vivre leur passion à moindres frais. C'est notamment le cas de SplitGames, leader français de l'échange de jeux vidéo sur internet, dont le président et fondateur Philippe Corrot a bien voulu répondre à nos questions...

Bonjour et merci de prendre le temps de répondre à quelques unes de nos questions.
Tout d’abord, pouvez-vous présenter SplitGames.fr et ses évolutions jusqu’au portail d’échange de jeu majeur qu’il est devenu aujourd’hui ?

ImageLe site SplitGames.fr est né en mars 2006 de la volonté d’adapter online les pratiques d’échanges telles que nous les connaissons dans les boutiques spécialisées tout en faisant bénéficier à l’utilisateur des économies de structure et de logistique que permet Internet. Cela nous permet de passer du prix moyen d’un échange de 25 € à moins de 3 €. Les évolutions majeures de SplitGames sont celles que nous avons amorcées au mois de mars avec la sortie de la V2 de SplitGames qui a permis d’offrir une interface encore plus ergonomique et une mécanique d’échanges plus rapide et intuitive. Cela a été renforcé par la mise en place de la messagerie entre les membres.

D’ailleurs, où vous situez-vous sur le marché de l’échange de jeu ? Comment se comporte l’offre en règle générale sur le marché de l’échange de jeu en ligne ? Est-ce un marché fortement concurrentiel et a-t-il selon vous toutes les chances de grossir encore dans les prochaines années ?


SplitGames est aujourd’hui le leader sur le marché de l’échange de jeux vidéo sur Internet. C’est un marché certes concurrentiel mais avec la qualité et l’efficacité du site, nous avons une longueur d’avance incontestable et nous allons tout faire pour nous maintenir à la première place. Le jeu vidéo est le loisir préféré de 15 millions de français, SplitGames compte aujourd’hui 100,000 membres, nous avons encore du travail !

L’essor de la distribution numérique de jeux vidéo, via Steam ou autre, est une tendance qui semble inarrêtable. Si elle est toutefois aujourd’hui encore assez marginale par rapport aux ventes physiques et que les éditeurs y voient seulement un moyen d’étendre leurs débouchés, la distribution numérique risque de devenir la norme dans quelques années selon beaucoup de spécialistes. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà préparé la riposte ? Peut-on imaginer pouvoir s’échanger un jeu que l’on aurait acheté et téléchargé en ligne ?

La distribution numérique est effectivement marginale et devrait le rester jusqu’en 2012. Ceci dit, nous nous préparons en imaginant des concepts qui permettraient d’échanger des jeux téléchargés en toute légalité et en toute sécurité. Cela ne peut se faire qu’en parfait accord avec les éditeurs et dans un respect très strict de la législation. Selon les choix qui seront fait en matière de DRM et de technologie, nous nous adapterons et nous avons commencé à travailler dessus mais vous comprendrez que je ne puisse pas trop m’étendre ;)

Le système d’échange que vous proposez est très ingénieux puisque basé sur une base de points. Un joueur peut par exemple échanger des jeux dits « moyens » pour cumuler des points puis faire la demande d’un blockbuster. Mais l’on imagine bien que l’interface logistique pour gérer cela ne doit pas être évidente. Qui décide de la cote des jeux et de leurs variations ?

La cote en point de SplitGames dépend du prix du jeu neuf, de son ancienneté et de l’offre et de la demande sur SplitGames. C’est un algorithme que nous avons développé et que nous suivons quotidiennement.

Votre modèle est fortement communautaire et pour cause, il n’est valable que si un nombre suffisant d’adhérents « nourrissent » le système. Aujourd’hui, la base d’utilisateurs a l’air suffisamment importante, ce qui n’a pas toujours dû être le cas. Comment gérez vous votre base d’utilisateurs ? Quelles sont les opérations qui permettent de toujours recruter de nouveaux joueurs prêts à échanger leurs jeux ?

Mécaniquement, l’offre grandit avec la demande, ce qui nous simplifie les choses. Notre politique de recrutement passe par les canaux classiques de recrutement online. Nous communiquons exclusivement online et nous travaillons en partenariats avec plusieurs sites médias spécialisés et je l’espère bientôt avec Gamebe. Quant à l’activisme de la communauté, nous en sommes globalement satisfaits puisque les membres animent le service chacun à leur manière. Nous ne donnons pas de chiffres précis, mais le nombre d’échanges que nous gérons est exponentiel.

Image

Souvent, on pense que ce ne sont que de vieux navets qui s’échangent sur les portails d’échange comme SplitGames. Mais combien faut-il de temps en moyenne pour qu’un jeu récent soit disponible ? Forcément très demandés, y a-t-il de très longues files d’attentes pour ces jeux ? SplitGames se base-t-il se le modèle du premier arrivé, premier servi ?

Oui, sur SplitGames c’est le premier arrivé qui est le premier servi, c’est normal. Nous avons constaté qu’il faut en moyenne 10 jours pour qu’un jeu récent soit proposé par un membre de SplitGames, ça dépend de la durée de vie du jeu et non de sa qualité et ça c’est très important. Un jeu génial comme Gears of war a été disponible en une semaine parce qu’il n’est pas très long à finir. Les joueurs sont dans cette optique de consommation du jeu vidéo. Ils achètent un jeu, le terminent, et veulent passer à autre chose. Et c’est là tout l’intérêt de notre service parce que forcément, il y a quelque part un joueur qui n’a pas pu s’acheter Gears of War à sa sortie, une semaine plus tard, il peut l’obtenir simplement en échangeant quelques vieux jeux. Et le jeu est toujours d’actualité.

Vos adhérents n’achètent pas les jeux et les échangent simplement contre des points. Néanmoins, ils participent financièrement à SplitGames avec deux formules d’abonnement. Est-ce l’assurance pour vous d’avoir les moyens de proposer un service qualitatif ? Comment justifiez-vous d’ailleurs ce positionnement payant ?

Le fait de payer pour échanger garantit une sécurité et un sérieux des intervenants. Si par exemple un jeu arrive détérioré, SplitGames recrédite les points de l’utilisateur sur son compte. Bien que d’une utilisation très simple, SplitGames est un site qui repose sur des mécaniques et des technologies extrêmement complexes et coûteuses à mettre en place. Nous avons travaillé avec des experts comme CubeDesigners, Fred Cavazza et Clever Age, nous avons une équipe en interne extrêmement pointue ; tout cela à un coût il ne faut pas oublier que même si nous le proposons vraiment pas cher, nous vendons un service.

Enfin, pour conclure, quel est l’avenir de SplitGames ? Avez-vous déjà en tête les idées de ses évolutions futures ?

L’avenir de SplitGames est communautaire, je peux vous annoncer en exclusivité l’arrivée des forums avant la fin du mois ainsi que d’un service révolutionnaire qui permettra aux joueurs de s’entraider dans les jeux mais je vous en dirais plus le mois prochain (rires) ! SplitGames se développe également à travers la création de services connexes, comme par exemple GameSkoot, le premier moteur de recherche dédié exclusivement aux jeux vidéo.

Merci beaucoup de nous avoir accordé un peu de votre temps et bonne continuation pour la suite…

Merci à vous de votre intérêt pour SplitGames, et bravo pour la qualité de Gamebe.

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