Test : Company of Heroes
Testé sur PC
Publié le 17/10/2006 Par Mathieu Chartier
A l’heure où choisir de concevoir un RTS reposant sur la tragique trame offerte par la Seconde Guerre Mondiale peut paraître suicidaire, c’est cette voie plus qu’encombrée qu’ont tout de même choisi d’emprunter les Canadiens avertis de Relic Entertainment (Homeworld, Warhammer 40K : Dawn of War). Et ils auront vite fait de démontrer l’intérêt de revenir sur ce conflit pourtant parcouru en long, en large et en travers par les amateurs de stratégie tant leur approche du conflit est intéressante. Qu’il s’agisse du gameplay mis en œuvre, de l’ambiance restituée ou de la technique employée…
Longtemps présenté comme le renouveau technique du RTS, il faut bien avouer que Company of Heroes (CoH) ne déçoit pas sur cet aspect précis. Rares sont les tests de jeux à débuter par une analyse d’ambiance, pourtant difficile de faire autrement quand il s’agit d’aborder CoH. Et les développeurs de Relic Entertainment se sont fait un plaisir d’ouvrir leur titre sur l’une des missions qui restera sans doute dans les anales pour tout amateur de RTS : le débarquement. Tout comme le débarquement de Call of Duty fut – grâce à son ambiance magistrale – impressionnant à l’époque pour le joueur aguerri de FPS, l’entrée en matière de ce Company of Heroes devrait ravir tout spécialiste de la stratégie en temps réel. A peine le temps de se remettre de ses émotions visuelles, qu’il faut déjà aider quelques troupes d’ingénieurs à rejoindre la berge pour ouvrir la brèche à l’infanterie à grands renforts de dynamite. Une action ciblée, précise, comme le joueur en aura tant à accomplir dans ce RTS volontairement recentré sur l’action et la micro-gestion de multiples escouades.
La technique au service de l’ambiance
Mais avant de détailler les points d’un gameplay alliant efficacement maîtrise et originalité, le tout saupoudré d’une touche Relic non négligeable, il convient de revenir sur l’ambiance distillée par Company of Heroes d’un bout à l’autre des quinze missions de la campagne solo - et ce - sans dents de scie, ni temps morts. Une performance globalement rendue possible par le traitement graphique du conflit qui fourmille sous nos yeux, tout d’abord, mais également par le choix de se recentrer sur une approche stratégique très précise et localisée des batailles à mener. Une focalisation qui engendre d’elle-même une plus grande immersion du joueur aux commandes de ses troupes, dont le moindre fantassin peut prendre de l’importance. Voilà qui force la vigilance du joueur et le canalise sur la moindre explosion ou la moindre faille du terrain à exploiter. Si la gestion de ces petits détails environnementaux peut paraître improbable dans certains titres, le souci du détail dont fait preuve CoH rend le tout possible avec brio. La modélisation du terrain est donc réussie, tout comme celle des différentes unités bien détaillées et surtout correctement animées. Le traitement de l’image bénéficie de quelques filtres bienvenus, la gestion des particules est à saluer tout comme la gestion physique, à mille lieux certes de celle d’un bon FPS, mais très loin devant ce que l’on a déjà pu voir en matière de RTS.
Décuplé par cette maîtrise technique, et par l’immersion qui en découle, Company of Heroes offre une ambiance particulière rarement ressentie dans un RTS. Pressé, stressé par cet amalgame d’effets visuels, de bombardements dans les oreilles et de réalisme, difficile de ne pas succomber aux charmes de CoH qui sait émerveiller le joueur en lui flattant les oreilles malgré la dureté de son propos et la force sourde du conflit qu’il peint. Surtout quand le jeu sait faire le maximum pour offrir une campagne unique, sans doute un poil trop courte, mais ô combien prenante et élitiste de part ses choix de gameplay qui - sans faire l’unanimité - permettront à ceux qui s’y retrouvent de définitivement prendre leur pied.
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